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MOUVEMENT DES CITOYENS

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    Le Mouvement Des Citoyens (MDC) est un parti politique français républicain et démocrate créé en 1993. Le MDC Notre programme Actualités Passez à l'action J'adhère / je fais un don Forum Mentions légales More Publié le 29 septembre 2025 Bernard Cazeneuve conseille à Olivier Faure de « rompre avec La France insoumise » et de ne pas faire du PS un « un parti de posture dans la radicalité » Publié le 15 juin 2025 L’ancien premier ministre, qui a quitté le PS en 2022, a commenté dans l’émission « Questions politiques » (France Inter, France Télévisions, « Le Monde ») les orientations de son ancien parti, dont le congrès s’est achevé dimanche. Bernard Cazeneuve, premier ministre de François Hollande de décembre 2016 à mai 2017, s’est exprimé dimanche 15 juin sur les orientations du Parti socialiste (PS), dont le congrès s’est achevé le même jour. https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/06/15/bernard-cazeneuve-conseille-a-olivier-faure-de-rompre-avec-la-france-insoumise-et-de-ne-pas-faire-du-ps-un-un-parti-de-posture-dans-la-radicalite_6613357_823449.html Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, nouvellement réélu, et son concurrent, Nicolas Mayer-Rossignol, ont échoué à faire la synthèse . Les échanges ont achoppé sur la relation que le parti à la rose doit entretenir avec La France insoumise (LFI), le camp de M. Faure refusant d’exclure des discussions avec LFI en cas d’élections anticipées. « Le rôle du Parti socialiste est d’être un parti de gouvernement, ce n’est pas d’être un parti de posture dans la radicalité », a commenté M. Cazeneuve dans l’émission « Questions politiques » (France Inter, France Télévisions, Le Monde). « Si le PS décide de s’enfermer dans ce rôle, il restera très loin derrière La France insoumise, il [l’]alimentera en suffrages par ses propos, et la gauche française sera définitivement disqualifiée », a continué l’ancien chef du gouvernement, qui a lui-même quitté le PS en 2022, pour lancer son mouvement, La Convention. « Je dis à Olivier Faure : “Rompez avec La France insoumise, rassemblez tous les socialistes et sociaux-démocrates, ceux qui sont à l’intérieur du Parti socialiste et ceux qui sont à l’extérieur, et faites du PS une grande force de transformation de la société.” » Dimanche, en clôture du congrès de Nancy, M. Faure a assuré ne pas s’interroger « chaque matin sur ce que dit, pense, tweete Jean-Luc Mélenchon ». « Un grand Parti socialiste ne s’abaisse pas à la polémique permanente avec la gauche (…), un grand Parti socialiste parle à toute la gauche, à tous ses électeurs, sans opérer de tri. » M. Cazeneuve a annoncé mercredi que la Fédération progressiste, le petit parti de François Rebsamen – ministre de l’aménagement du territoire et ancien ministre de M. Hollande – rejoignait son mouvement. Les deux hommes espèrent ainsi œuvrer à un rassemblement de la gauche sociale-démocrate. « Il y a des sociaux-démocrates partout en France, dans le bloc central, chez les Verts, chez Place publique, au Parti socialiste et même au Parti communiste », a-t-il lancé mercredi. Publié le 19 mai 2026 MOUVEMENT des CITOYENS Motion d’orientation Un cap républicain pour REMETTRE LA FRANCE EN ÉTAT DE MARCHE A moins d’un an d’un scrutin majeur pour notre pays, le Mouvement des Citoyens, souligne les enjeux essentiels de la prochaine élection présidentielle. Il ne s’agira pas tant de dresser le bilan des dix années écoulées -encore que, après tant de revirements, de changements de cap, de réformes annoncées puis annulées, de voltefaces en politique extérieure, une analyse sévère s’impose, mais il s’agira surtout de proposer un cap aux Français, lassés de l’alternance au pouvoir de gouvernants qui n’ont ni écouté ni servi les aspirations populaires. Cette échéance intervient à un moment d’immenses changements et de violentes tourmentes : guerre en Ukraine et au Proche-Orient, guerre commerciale édictée par un président américain imprévisible et erratique, Europe en panne, France écartée des affaires du monde. Et au plan intérieur, la fragmentation sociale, la montée des communautarismes et de l’individualisme, les inquiétudes liées à une société toujours plus violente, semblent paver le chemin d’un retour à une réaction autoritaire. Le Mouvement des Citoyens est fidèle à une continuité de pensée marquée par de grands combats : l’union de la gauche, la souveraineté populaire, le refus de Maastricht et de la pseudo constitution européenne, la défense du monde du travail, la promotion du service public, la défense de l’Ecole et de la laïcité. Aujourd’hui nos concitoyens ressentent le besoin d’une gauche sérieuse, républicaine, attachée à la France et aux valeurs qui l’ont animée depuis la Révolution française. La politique n’est pas un spectacle où des rock stars distribuent des selfies. C’est d’abord un débat public articulé en raison. C’est pourquoi le Mouvement des Citoyens propose non pas un programme mais un horizon. La prochaine élection présidentielle est pour nous le moment clé pour faire valoir nos propositions et nos orientations et c’est en fonction d’elles que nous soutiendrons la candidature qui en sera porteuse. I - Le tournant du monde se fera-t-il sans nous ? Les rapports internationaux qui s’étaient réglés à Yalta et à Potsdam en 1945 ont dessiné le monde durant plus de cinquante ans. Il y avait là le président américain, le leader de l’Union soviétique Staline et le Premier ministre Churchill. Aujourd’hui, le paysage est bien différent : l’Europe a disparu des grandes négociations, la Chine s’est affirmée, les pays des Brics représentent 51 % de la population mondiale et 40 % du PIB mondial. I-1 – La loi des prédateurs Hier le libre-échange était la règle universelle à respecter ; aujourd’hui la guerre des droits de douane est menée par ceux-là même qui les combattaient hier. Ursula von der Leyen qui avait déjà capitulé en acceptant des droits de douane passant de 3 % à 15 %, sans contrepartie, invite à avaler d’autres couleuvres avec le Mercosur. Le droit international est oublié lui aussi. On bombarde Téhéran, à titre préventif, on kidnappe un chef d’Etat au Venezuela, on rase villes et villages à Gaza ou au Sud-Liban pour venger les crimes terroristes du Hamas ou du Hebollah. On envahit l’Ukraine pour empêcher l’OTAN de s’étendre. Que ce soit pour la crise en Ukraine, ou au Proche-Orient, l’ONU est hors-jeu. Tout se débat hors de ses murs. Certes le droit international n’est pas une donnée immuable descendue des cieux. C’est le produit d’un rapport de force : celui qui a prévalu pour faire tomber le nazisme il y a 80 ans et qui a abouti à la naissance de l’ONU et de ses satellites. Quand ce droit international, ces traités, ces règles d’hier s’effacent ainsi devant la loi de la force, que reste-t-il ? Les nations. Du moins celles qui demeurent et qui se font respecter. Les nations sont les seuls acteurs aujourd’hui : que ce soient les Etats-Unis, Israël ou la Turquie, le petit Qatar, l’Egypte même. Et bien entendu, au premier plan l’Amérique, la Russie et la Chine. La nouvelle pluralité du monde nous fait quitter le temps des alliances stables et des blocs figés. Désormais chacun fait valoir son intérêt et noue des alliances à géométrie variable avec comme seule constante la recherche de son intérêt national. I-2 Europe : les illusions perdues Et L’Europe ? On nous avait fait croire qu’à 27 nous serions plus forts. Or il y avait un point qu’on avait ignoré : les souverainetés ne s’additionnent pas. La Grande-Bretagne compte, le Canada compte, mais l’Union européenne n’existe pas politiquement sur la scène mondiale, elle n’existe que pour les caméras. Une nation souveraine pèse plus sur la scène internationale que 27 nations ayant renoncé à leur souveraineté. Pour les droits de douane, par exemple, Londres comme Ottawa avaient obtenu beaucoup mieux que Bruxelles. L’Espagneolitique, comment additionner les points de vue différents de l’Espagne, de la Hongrie, du Portugal de l’Italie, de la Pologne à propos de l’Ukraine, avec ceux défendus par la France, l’Allemagne, les Pays baltes ? Et certains songent à instaurer la règle de la majorité à Bruxelles, pour les questions de politique extérieure ! Au moment où l’Europe est en panne dans tous les domaines. Les dirigeants européens qui avaient suivi aveuglément Washington dans la crise ukrainienne se trouvent fort dépourvus après le revirement impulsé par Donald Trump. L’Amérique se désengage et les Européens sont incapables de la remplacer militairement. Pire, ils ne peuvent plus agir, sinon émettre des communiqués, des tweets, tenir des réunions en visio… En matière militaire, la plupart des Etats européens se sont reposés depuis longtemps sur l’Amérique. Ils se pensaient bien défendus et sans payer ! Seuls la France et la Grande-Bretagne maintenaient une armée et une dissuasion nucléaire. En matière commerciale, l’Union européenne veut croire encore au dogme du libre-échange ; la Commission impose l’application immédiate des accords Mercosur, en balayant l’opposition de la France. Et Paris n’a que ses yeux pour pleurer : le pouvoir a été transféré à la Commission de Bruxelles en matière commerciale et elle négocie seule au nom des 27. Enfin, en matière politique, les dirigeants européens ne peuvent brandir que des sabres de bois : ils sont colonisés dans leur tête, tant leur fascination à l’égard de l’Amérique est congénitale. Quand Paris et Madrid ont voulu proposer des mesures de rétorsion à propos des 15 % de droits de douane, ils se sont fait prestement remettre à leur place par les autres. II - Dans quel monde entrons-nous ? Et dans quel état la France y entre-t-elle ? On voit le monde de 1945, ses institutions, l’ONU, l’OMC, s’affaisser ; les BRICS montent en puissance. Nous ne sommes plus le pôle dominant du monde. L’Occident ? On a vu la photo de la rencontre de Washington : le patron Donald Trump encadré de drapeaux américains, et les subordonnés assis sur des chaises, alignés sagement devant son bureau. Les plus anciens se souviendront que le général de Gaulle n’employait jamais le mot d’occident. Il n’y avait à ses yeux que des alliances nécessaires de nations attachées à la liberté et à la démocratie. Et l’horizon était pour lui « la détente, l’entente et la coopération » avec les pays qui ne pensent pas comme nous. Il faudra penser France, car personne ne la pensera à notre place. Recouvrer une autonomie de pensée. Comment ne pas être frappé d’entendre le président français parler davantage de l’Europe que de la France, mieux, d’être incapable de prononcer les mots « la France », sans y adjoindre aussitôt « et l’Europe », comme pour éviter un procès en chauvinisme…L’Union européenne n’est pas adaptée à la situation nouvelle : elle n’est pas conçue pour faire face à l’ère des prédateurs. Il n’y a ni intérêt commun en matière commerciale ou industrielle ou énergétique ou militaire, ni unité de commandement. Elle devra devenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : la coopération des vieilles nations d’Europe qui ne veulent pas mourir. Ou si on préfère : l’Europe des nations qui s’appuie sur elles au lieu de s’acharner à les démanteler. C’est un point de passage obligé. Retrouver l’intérêt national comme boussole, le pays comme objet de la volonté commune, la nation comme unité d’action. Il est temps en effet de se ressaisir. II-1 L’affaissement industriel La dette est passée de 60 % du PIB à 114% en vingt-cinq ans. Le déficit, depuis vingt ans n’est jamais descendu au-dessous de 3 %. Le constat est évident. Mais il s’agit de traiter les causes et non pas seulement de manier le sécateur ou la tronçonneuse dans la dépense publique. La crise est due au manque de recettes principalement. La cause principale tient à ce que notre pays ne produit plus assez, ne produit pas ce qu’il consomme. La part de l’industrie manufacturière est passée au-dessous du seuil de 10% du PIB (pour comparaison ce chiffre est de 19,7 % en Allemagne, de 25 % en Suisse). Les années de néo-libéralisme sont passées par là : sans se soucier d’intérêt national, les entreprises ont délocalisé la production vers les pays à bas coût de main d’œuvre. Tchuruk vantait la société sans usine. Des pans entiers de nos savoir-faire productifs ont disparu. - Alstom énergie vendue à l'américain General Electric. - Arcelor (leader mondial de l’acier) vendue à l'indien Mittal Steel - Pechiney (leader mondial de l'aluminium) vendue au canadien Alean - Sanofi Opella, vendue à un fonds d'investissement américain. - Alcatel Lucent, vendu à Nokia - Les Chantiers navals de l'Atlantique, vendus à l'Italien Fincantieri - Lafarge, numéro 2 mondial du ciment, vendu au Suisse Holcim - Le Club Med vendu à la Chine. - Rossignol numéro 1 du ski, vendu à l'Américain Quick Silver. - Yoplait vendu à l'américain General Mills - Teisseire spécialiste des boissons non alcoolisées vendu au britannique Brituic - Amora Maille spécialiste de la moutarde vendue à Unilever - Marionnaud vendu aux Chinois - L'aéroport international de Toulouse vendu aux Chinois., puis revenu dans le giron après l'avoir racheté aux Chinois. - Technip, fleuron de l'ingénierie pétrolière, vendue à l'américain FMC, - Essilor à l’Italien Luxottica… Il n’y a plus de ministère de l’Industrie digne de ce nom et il n’y a plus de politique industrielle. L’exemple tragique de l’automobile en Europe le montre : le choix de reconversion accélérée vers l’électrique est périlleux : les Chinois sont allés plus vite que nous et proposent des modèles meilleurs et moins chers. L’automobile, fleuron de l’industrie européenne, est en berne. Conséquences fâcheuses pour l’emploi, en premier lieu, et pour la perte de nos technologies. Ce sont aussi des manques considérables de recettes fiscales pour l’Etat. On préfère localiser les sièges sociaux dans les pays pratiquant le dumping fiscal. Trois chiffres : l’impôt sur les sociétés était en moyenne de 45 % jusqu’à 1985 ; aujourd’hui : 25 %. Et, en Irlande : 12,5 %. C’est la course au moins-disant fiscal, accélérée en Europe par la liberté de circulation des capitaux. On s’étonne de voir le budget de l’Etat manquer de ressources…et rechercher éperdument 40 milliards d’euros ; on veut faire croire que la solution serait de réduire le nombre de fonctionnaires ! Il s’agit au contraire de s’attaquer aux causes, à savoir la production, génératrice d’emplois et de recettes pour l’Etat. II-2 La panne démographique Depuis l’été 2025, le nombre des décès excède celui des naissances. C’est la première fois depuis 1944 et c’est un bouleversement démographique. Comment faire vivre nos systèmes de protection sociale s’il y a de moins en moins d’actifs pour cotiser et de plus en plus de bénéficiaires des régimes de protection (maladie, chômage, vieillesse) ? Le système de la répartition, le plus sûr et le plus juste ne pourrait pas fonctionner, et déjà les fonds d’investissements guettent l’opportunité : ils veulent imposer leur système de capitalisation. Si on cotise beaucoup on sera bien protégé, sinon… Et tout cela à la merci d’un krach boursier qui ruinerait les pensions. II-3 L’immigration mal maîtrisée Pour redresser la démographie un raisonnement simpliste consiste à faire appel à l’immigration. Mais cela ne va pas de soi. Les hommes ne sont pas des machines. Quand ils migrent ils emportent avec eux une histoire, une culture, une religion, des habitudes, des façons de vivre différentes. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les difficultés d’intégration. Quand nos élites ne croient plus en la France, n’osent plus prononcer le mot de nation, comment réussir l’intégration ? Comment inviter à épouser le destin d’un pays que les élites ne cessent de décrier ou mépriser ? L’immigration mal contrôlée, le fiasco des accords de Schengen, les mises en cause de la laïcité dans l’espace public, le non-respect des us et coutumes dans l’espace commun, produisent des ravages, spécialement dans les milieux populaires. Les leçons de morale descendues des élites et des médias sont de nul effet. L’immigration ne peut être acceptée que si elle est maîtrisée, reliée au travail, et si elle respecte les principes sur lesquels nous dévons demeurer intransigeants : laïcité, égalité hommes femmes, distinction entre le temporel et le spirituel. Sinon, l’intolérance grandira. Elle est déjà très forte, et l’étude du Kings Collège de Londres, qui pointe le risque de guerre civile en France et au Royaume Uni, dû principalement aux fondamentalismes et au laissez-faire ne peut pas être ignorée. Les guerres civiles commencent toujours à bas bruit. II-4 La fragmentation de la société Jamais sans doute, la société n’avait été aussi fragmentée, balkanisée. « L’archipel français » est fait d’ilots qui communiquent de moins en moins. Entre la France rurale, éloignée des services publics, où le droit à la santé et à l’éducation de qualité est trop souvent un vain mot, où il n’y a guère de transports publics et la France des métropoles où le pouvoir d’achat est élevé et la qualité de vie meilleure, où on dispose des services nécessaires pour l’Ecole, l’hôpital, les transports, le fossé est béant. Il faut bien sûr ajouter les périphéries des villes, où la mixité sociale disparait, les villes petites et moyennes qui voient leurs commerces fermer, les emplois de l’ancien tissu industriel disparaitre. La France des villes TGV ne communique plus avec la France des petites lignes. La vague de la globalisation concentre richesses et emplois dans les métropoles et laisse, le reste du pays à l’écart. Comment tenir un discours politique cohérent à un pays ainsi divisé ? N’y a-t-il pas d’autre voie que celle de la démagogie, tentant d’opposer les uns aux autres, les « racisés » aux « de souche », les urbains aux ruraux ? Il serait temps de rappeler le rôle égalisateur de la citoyenneté. Au lieu d‘exalter les différences, rappelons l’égalité des droits et des devoirs, pour tous les citoyens de la République. II-5 L’affaissement des solidarités L’individualisme porté aux nues, le culte de la réussite personnelle par l’argent, ont éclipsé dans l’opinion le goût de l’aventure collective, le sens des solidarités. L’Ecole en souffre à l’évidence. Les mauvais classements Pisa alertent sur la crise actuelle. Les valeurs du savoir, de la connaissance, le souci de la transmission se heurtent à une société qui privilégie l’argent et si possible l’argent facile. Les enseignants, mal payés, mal considérés, ont la tâche immense d’inverser le courant. Trop longtemps, on a voulu placer « l’enfant au centre de l’Ecole » au lieu d’y placer le savoir. Ces dérives dites « pédagogistes » ont alimenté l’affaissement du système scolaire, qui frappe de plein fouet les couches populaires. L’esprit de solidarité fonde notre protection sociale. Quand on est touché par la maladie, le handicap, le chômage, la vieillesse, des régimes de solidarité interviennent. Il y a des sociétés, aux Etats-Unis, en Chine, dans les pays du Sud, qui ne connaissent pas cette exigence ou qui ne peuvent la mettre en place ; Mais c’est notre identité et nous avons le devoir de la préserver. Force est de constater qu’elle est menacée. Les régimes de retraite par répartition sont dans la ligne de mire des Fonds de pension, les régimes d’assurance maladie sont victimes de trop de dérives. L’esprit de solidarité et les régimes de protection sociale sont mis en cause par les logiques financières. II-6 L’Etat marginalisé L’Etat qui a la charge de l’intérêt général contre les intérêts particuliers est attaqué de toutes parts. A l’extérieur, par une globalisation sans règles, qui impose la logique des entreprises multinationales et des Gafa, à tous les acteurs. L’internationalisation des marchés financiers met tous les pays sous surveillance. Les marges d’action des gouvernements se rapetissent à vive allure. La majorité de nos lois et règlements trouvent leur source dans les règlements et directives arrêtés à Bruxelles. Et quand un traité européen est contraire à notre Constitution, … on change la Constitution ! A l’intérieur, l’autorité de l’Etat est sapée chaque jour. Jadis policiers et gendarmes étaient craints ; ils sont souvent aujourd’hui la cible des délinquants : attaques de commissariats, incendie de véhicules de police et de gendarmerie, réseaux puissants et fortunés du narcotrafic qui tuent, corrompent, et défient la Justice et l’Etat. III - Les voies du redressement Pour espérer réussir, il faut commencer par cerner l’origine de la plupart de nos maux. La France ne produit plus que 40 % de ce qu’elle consomme. Cette chute de la production industrielle ou agricole conduit à la perte des emplois, des recettes fiscales, au creusement des déficits : celui de nos finances publiques, mais aussi celui de notre commerce extérieur. Privée de ses ressources la France ne peut plus assurer la protection sociale, le niveau de services publics, et l’Ecole, les Armées, la sécurité n’ont plus les moyens de leurs missions. Dès lors, la cohésion nationale s’effrite, les communautarismes jaillissent, l’avenir s’assombrit. Commencer par l’origine de nos maux, c’est donc d’abord refaire de la France un pays de producteurs. III-1 Produire Produire l’essentiel de ce que nous consommons dans le domaine industriel ou agricole est une nécessité. C’est l’affaire de tous, paysans, entrepreneurs, gouvernement. Il s’agit de mettre en place un cadre cohérent d’action. A l’Etat de se comporter en stratège et d’investir là où le secteur privé ne peut le faire. Une politique industrielle digne de ce nom doit préparer l’avenir : nous avons des atouts à développer dans le domaine de l’hydrogène, dans celui de l’intelligence artificielle (data centers, avec électricité bon marché, robotique, recherche quantique, IA Mistral…), dans les nano-technologies. Nous pouvons retrouver notre niveau de compétences dans la filière à neutrons rapides pour l’électricité nucléaire, dès lors que les oppositions obscurantistes de l’idéologie verte et économiques de l’Allemagne se sont effondrées. De la même façon une politique méthodique de filières doit s’attacher à réduire les déficits commerciaux, produit par produit, pour favoriser les productions nationales dans les secteurs où les importations peuvent être aisément remplacées. Et pour soutenir la production, quoi de mieux qu’une énergie bon marché et non polluante ? Les Français ont investi, depuis 60 ans, entre 1500 et 2000 milliards pour bâtir les capacités de production d’électricité dans le nucléaire et l’hydroélectricité ; nous devrions avoir une électricité encore moins chère qu’il y a quinze ans. Or, le mécanisme européen de fixation des prix oblige aujourd’hui EDF à vendre sa production nucléaire à prix cassé à des concurrents, afin de soutenir la concurrence sur le marché de détail. En clair, EDF est forcée de subventionner ses rivaux, qui n’investissent ni dans le parc nucléaire, ni dans la stabilité du réseau. En cause également les subventions fournies aux producteurs d’éolien et de solaire -alors que cette ressource n’est pas nécessaire en France du fait du parc nucléaire et de nos barrages- et qui sont répercutées sur nos factures d’électricité. Voilà des priorités claires : sortir la France du marché européen de l’électricité, mettre en place un marché national régulé, aligné sur les coûts réels du nucléaire français, permettant à EDF de proposer une électricité moins chère et plus stable, en s’inspirant du modèle espagnol, qui dissocie les tarifs de l’électricité du prix marginal européen. Une politique énergétique, donc, mais aussi une politique du commerce extérieur. Depuis quatre ans, le déficit commercial dépasse les 100 milliards d’euros par an, alors que la balance était équilibrée au début des années 2000. Nous exportons des pommes de terre, nous importons des chips ; nous exportons des grumes de chêne, nous importons des lames de parquet. Beaucoup de productions ont été abandonnées en France et remplacées par des importations. Même l’agriculture est touchée. Nous sommes en déficit pour les fruits et légumes, les produits de la mer ; et en nous imposant des règles dont nos voisins se dispensent, la situation ne va pas s’améliorer. La politique de filière doit organiser les efforts pour rétablir l’équilibre. C’est ce qu’ont fait les Italiens, avec succès. Voilà donc une autre exigence concrète : mettre en place une politique de filière capable de réduire notre dépendance aux importations. La même exigence doit porter sur notre production agricole. Là où depuis des décennies, nous étions exportateurs nets, nous sommes devenus importateurs. Les secteurs des fruits et légumes, des produits de la mer, en particulier sont devenus déficitaires. La France a perdu 100 000 exploitations en 10 ans. Une politique active de filière peut se mettre en place, car notre pays dispose encore d’atouts incomparables. Et les accords de libre-échange ne peuvent plus se conclure sur le dos de nos agriculteurs ou de nos éleveurs. III-2 Au service des Français C’est le redressement productif qui permettra le redressement des comptes publics. Il s’agit d’en finir avec l’idéologie anti-productive, que ce soit pour l’industrie ou l’agriculture, d’écarter le fantasme des « sociétés sans usines » que prônait le patron naufrageur d’Alcatel, de revaloriser le travail et les activités manufacturières. Ni l’austérité ni la pression fiscale ne sont des remèdes adaptés. En cessant d’importer la majorité des produits que nous consommons, en fabriquant en France la majorité des biens dont nous avons besoin, nous réussirons le redressement des finances publiques. Quand nous aurons retrouvé des bases plus solides, nous pourrons assumer les missions de l’Etat républicain. D’abord rendre à l’Ecole son rôle de promotion du savoir et de la citoyenneté. La chute des résultats des évaluations est une alerte. Puisque la plupart des difficultés tiennent d’abord à l’acquisition des savoirs élémentaires (lecture, écriture, calcul) dans un univers marqué par te temps consacré aux écrans, l’effort premier doit porter sur l’enseignement primaire. La baisse des effectifs peut autoriser le renforcement de l’encadrement des élèves, le suivi particulier de ceux qui sont en difficulté, la baisse du nombre d’élèves par classe. Le collège aujourd’hui maillon faible de l’Ecole doit bénéficier des mêmes efforts. L’enseignement de la laïcité, le respect de l’autorité des maîtres, accompagnent la transmission des savoirs, qui est au centre de la mission éducative de la nation. La laïcité invite à former des esprits libres, dégagés des contraintes sociales et de l’obscurantisme. L’éducation à la liberté passe par l’acquisition des savoirs. Mais la transmission des connaissances ne perd jamais de vue l’essentiel : les défis de l’avenir seront relevés par des esprits bien formés et l’éducation civique est indispensable aux peuples libres. L’égalité des chances exige aussi une revalorisation du lycée professionnel, qui va de pair avec l’effort en faveur du redressement productif et l’intérêt pour les nouvelles carrières dans l’industrie. Relever l’Ecole républicaine c’est compter sur des enseignants plus nombreux, mieux considérés et mieux rémunérés, bien formés et conscients de leur mission. Nous ne pouvons plus accepter que nos professeurs soient les plus mal payés des pays de l’OCDE. Préserver la protection sociale sera l’objectif servi par le redressement des comptes publics. L’évolution des régimes de retraite doit se faire dans la justice et dans le respect des partenaires sociaux. Ni l’âge fixe de départ, ni l’âge-pivot ne répondent à ces exigences en ne traitant pas avec équité les carrières longues ou la pénibilité. Le rejet de la précédente réforme ne suffit pas ; il s’agit de préparer un avenir sûr pour nos régimes : la répartition doit être défendue contre tous les zélateurs de la capitalisation, qui mettrait les retraités à la merci des krachs boursiers. L’actuel essoufflement de l’hôpital public est dramatique. Son financement doit être changé. L’asphyxie des urgences trouvera une issue dans le maillage de centres de santé de proximité ; il n’est pas acceptable qu’on refuse à de jeunes Français l’accès aux études médicales tandis qu’on organise la venue de médecins étrangers, sans lesquels nos hôpitaux ne pourraient fonctionner. III-3 Climat – Environnement : redresser des décennies d’erreurs Le changement climatique est à présent une réalité. Les avis peuvent diverger sur l’importance du rôle des activités humaines dans l’origine du phénomène. Mais tous conviennent de l’urgence à décarboner notre mode de production, à remplacer partout où c’est possible le pétrole, le gaz et le charbon par des sources d’énergie non émettrices de dioxyde de carbone. Si la France compte parmi les pays développés les moins émetteurs de CO2, c’est parce que 75 % de son électricité est d’origine nucléaire. Après des décennies de mensonge par l’idéologie verte, d’obstacles et d’empêchements de la part de plusieurs pays voisins, l’électricité nucléaire apparaît comme la meilleure réponse aux crises pétrolières. L’avenir exigera de plus en plus d’énergie électrique (électricité dans les transports, Datacenters, etc.). Il s’agit de réveiller les savoir-faire technologiques de notre filière nucléaire et ne pas céder aux lobbies de l’ignorance (si la France émet 320 millions de tonnes de CO2, contre 760 pour l’Allemagne et 5 120 pour les USA, le nucléaire n’y est pas étranger !) L’électricité a un immense avenir. Dans le futur, la filière à neutrons rapides, les micro-centrales, plus tard la fusion, à laquelle travaille le projet Iter pourront apporter une énergie plus abondante, sans déchet et sans CO2. La pile à combustible pourrait devenir la source d’énergie majeure dans les transports (train, auto, camion, bateau). Nos efforts en faveur de l’environnement, de la santé, seront affaiblis si nous acceptons des traités de libre-échange avec des pays qui, n’appliquant pas nos normes exigeantes, produiront moins cher, détruiront notre agriculture et notre industrie, et continueront de dégrader les sols et polluer la planète. Le libre-échange est l’ennemi de l’environnement. La taxe carbone à l’entrée du marché européen est la condition d’une économie décarbonée en Europe. N’acceptons pas sur nos marchés des produits échappant aux exigences imposées à nos producteurs. Dans l’histoire de l’humanité, ce sont les ressources de la connaissance et de la science qui ont toujours relevé les défis. L’écologie punitive, celle où les contraintes sont lourdes pour les couches populaires et légères pour les nantis, est inacceptable. Le souci de l’environnement doit en revanche permettre, spécialement aux jeunes générations, d’appréhender concrètement les conséquences désastreuses du libéralisme sans borne et du libre-échange sans règles. III-4 Affermir l’Etat, redresser le service public L’Etat et sa capacité d’imposer l’intérêt général à tous les intérêts privés s’effacent sous nos yeux. L’exemple vient d’en haut. Quand après une dissolution hasardeuse, il n’y a plus de majorité à l’Assemblée nationale, il ne peut y avoir qu’un « gouvernement le plus faible de la Vème République » selon les mots de l’actuel Premier Ministre. Un gouvernement qui ne gouverne plus car il n’en a guère les moyens. Ce n’est pas la faute des institutions mais le résultat d’une crise politique profonde. Retrouver un Etat capable d’agir, c’est bien-sûr rétablir ses comptes publics, mais c’est aussi dégager des marges de manœuvre par rapport à la Commission européenne. Cessons de surenchérir sur les transpositions de directives, de céder trop aisément à Bruxelles. La France reste contributeur net au budget de l’Union européenne : elle a les moyens de faire entendre ses intérêts. Capituler sur le Mercosur a été un signal désastreux. Faire respecter notre Constitution y compris contre les textes venus de l’Union européenne est notre devoir. Un Etat rétabli dans ses devoirs doit aussi tenir en respect les puissants intérêts financiers qui veulent dicter sa conduite. Les Gafa deviennent des Etats dans l’Etat, les marchés financiers font trembler les gouvernements élus. Au-dessus de la Commission de Bruxelles et au-dessus du marché, il y a la République française ! De même, un frein doit être mis à l’appréciation politique par 9 membres non élus du Conseil constitutionnel qui se substituent à la représentation nationale pour annuler des lois votées par le Parlement. Le service public à la française est combattu depuis des années par l’idéologie libérale qui prévaut à Bruxelles, au nom de « la concurrence libre et non faussée ». Il faut donc le défendre bec et ongles, quand il est attaqué : au dehors par les prédateurs qui attendent la privatisation, au-dedans par des comportements inacceptables, comme on l’a vu pour l’audiovisuel public. Nous avons besoin d’un audiovisuel public détaché des exigences commerciales, respectueux du pluralisme, qui ne soit plus le champ clos des coteries. III-5 Accueillir l’enfant, assurer le logement, garantir la sécurité Pour relever le défi démographique, il nous faut réinventer une politique familiale qui ne soit pas liée aux revenus mais à l’enfant. Une aide à la natalité commence par aider les femmes à concilier vie familiale et professionnelle crèches, diversité des modes de garde…). Elle doit aussi soutenir le pouvoir d’achat des familles accueillant des enfants. Lier les allocations familiales au revenu a fait baisser le taux de fécondité de 2 à 1,8 en peu de temps. C’était faire fausse route. Reprenons la voie originelle d’une politique de soutien à l’enfant. Il faudrait aussi bâtir une politique du logement, complètement désertée depuis dix ans au moins. Un des freins à l’accueil de l’enfant, c’est la capacité de trouver un logement convenable, à la location ou à l’achat. Il y a 3 millions de demandes de logements en attente aujourd’hui. Et demain ? Zéro artificialisation des sols, DPE, interdiction de louer pour 11 millions de logements à partir de 2034... tous ces obstacles doivent être réexaminés. La crise actuelle est une bombe à retardement qui éclatera quand les nouvelles générations chercheront à se loger... Il est grand temps de relancer une politique active de construction de logements neufs. Le droit à la sûreté est surtout menacé pour les couches populaires, celles qui ne peuvent quitter leur logement pour fuir les quartiers gangrenés par la violence. Le retour de la police de proximité initiée en son temps par Jean-Pierre Chevènement reste la meilleure riposte à la délinquance. L’angélisme n’a plus d’excuse. Nous n’opposons pas la prévention à la répression des délits, et nous rejetons tout déterminisme social qui conduirait de la pauvreté vers la délinquance. La violence n’est le fait que d’une infime minorité, y compris dans les quartiers populaires. Pour des Républicains, la loi doit rester « la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse » selon la belle formule de la Déclaration des droits de 1789. III-6 Maîtriser l’immigration Pour réussir l’intégration des nouveaux arrivants, pour faciliter l’assimilation de ceux qui la souhaitent, une politique républicaine de l’immigration est nécessaire. C’est le refus des démagogies : l’immigration zéro n’existe pas et n’existera pas. C’est aussi le refus du laxisme : une immigration massive et mal contrôlée entraine mécaniquement des effets de rejet de la part des populations et nourrit les discours xénophobes de l’extrême-droite. Un ralentissement des nouvelles arrivées durant deux années est nécessaire pour reprendre le rythme normal de l’intégration, et pour favoriser l’immigration de travail dans les métiers en tension. Le droit d’asile ne peut être confondu avec les politiques d’immigration : il doit être respecté et ses bénéficiaires protégés. Pour que ces changements démographiques importants soient acceptés par l’opinion, il faut leur donner sens : l’immigration vise à accueillir et former des nouveaux citoyens. Ce n’est pas la « nouvelle France » du « grand remplacement », c’est l’accomplissement de notre histoire républicaine. Ce n’est pas la nouvelle France, mais ce sont de nouveaux Français qui vont s’intégrer à notre pays, assumer son histoire, respecter ses lois et ses modes de vie. Bref poursuivre ce mouvement séculaire, qui nous enrichit en permanence d’apports extérieurs pour constituer une identité non pas figée, mais originale. C’est en veillant au strict respect de la laïcité, de l’égalité entre les hommes et les femmes, de la liberté de conscience comme de la liberté de culte, de l’égalité de tous devant la loi, en luttant contre tous les communautarismes, que nous réussirons. IV - Souveraineté du citoyen, primat du politique : remettre l’Europe à sa place Mettre la France en ordre de marche, c’est mobiliser ses citoyens autour d’un projet fédérateur. Ni l’Europe ni la France ne sont plus le centre du monde. Certes, notre pays n’exercera plus l’influence politique et intellectuelle qui l’a fait jadis rayonner autour de lui, avec les idéaux de la Révolution française, mais aussi avec sa littérature, ses arts, sa musique, son cinéma, son patrimoine. Mais elle peut être un carrefour de civilisations. Elle n’imposera à personne ses valeurs mais elle peut être exemple pour qui veut s’en inspirer. Le monde nouveau qui se dessine, avec le déclin de l’Occident, la montée en puissance des pays du Sud et des Brics, la puissance de la Chine, ne laisse guère de chance à une Europe sans projet et sans unité. Au contraire, il sonne l’heure des nations. La nation française peut être un môle de résistance aussi bien à la prédation financière occidentale qu’aux modèles de développement autoritaires et non démocratiques. A condition que ses citoyens soient mobilisés et respectés. Pour donner son élan au pays, il convient de lever les entraves à la souveraineté populaire, venant d’autorités non élues : autorités prétendues indépendantes, commissions de tous ordres, dérives de l’autorité judiciaire, sans compter l’Himalaya de contraintes issues de la Commission européenne. La force du modèle démocratique c’est de faire confiance au peuple. Il doit pouvoir compter sur l’Etat pour le défendre. Un Etat efficace, concentré sur ses missions, et mieux organisé. Le périmètre et les compétences des collectivités territoriales devront être réformées, pour les mettre en adéquation avec les solidarités de terrain : assez de régions trop grandes pour que le citoyen se trouve impliqué dans une communauté de destin, assez d’intercommunalités sans réalité concrète d’appartenance. La commune et le département demeurent des cadres vivants de la démocratie locale et forment l’armature de la République. Ne les laissons pas effacer par des schémas bureaucratiques. IV-1 Une Europe respectueuse des nations qui la composent Il s’agit aussi de remettre l’Union européenne à sa place. Elle organise le commerce, les échanges de biens et de services, l’harmonisation progressive des règles. Elle a mis en place la monnaie unique. Mais elle n’a pas de compétences pour la politique étrangère, ni pour la politique de défense : qu’y pourrait-elle d’ailleurs, tiraillée entre les points de vue antagonistes de ses membres ? Refusons fermement que la politique étrangère et de sécurité relève demain de simples « majorités qualifiées » : la voix de la France s’éteindrait. Il faut mettre un terme aux empiètements insupportables de la Commission et de son actuelle présidente, qui ne détient aucun mandat pour s’introniser chef d’un Etat européen. Il y aurait tant à faire pour l’Union européenne dans le cadre de ses compétences ! La monnaie unique n’a survécu à la grande crise de 2012 qu’en s’affranchissant des règles qui l’avaient fondée. Quantitative easing, fin du tabou des 3% de déficit, rachat des dettes souveraines, prêts à long terme aux banques européennes, taux d’intérêt ramenés à zéro… Il faut se souvenir de cette leçon : l’euro ne peut se sauver que par la souplesse et non par l’austérité. Le choix fait en 1992 d’une monnaie unique rigide au lieu d’une monnaie commune ajustable a été néfaste, mais il est encore possible d’assouplir le système monétaire européen. Il est nécessaire en effet de financer les grands programmes d’investissement capables de réduire le fossé qui nous sépare de la Chine et de l’Amérique, et d’empêcher le « déclassement compétitif majeur » qui menace l’Europe selon le rapport de Mario Draghi. Un projet majeur qui pourrait regrouper les pays selon une géométrie variable, et sans forcément passer par la bureaucratie sclérosante de la Commission. Face aux déficits commerciaux, la mise en œuvre d’une vraie préférence communautaire répliquerait efficacement à la stratégie des droits de douane déployée par Donald Trump. IV-2 Elargir la focale : une voix originale dans le monde La France ne doit pas se laisser enfermer dans l’unique cadre européen ; elle a certes un rôle important à y jouer et elle est contributrice nette. Mais il est urgent de refonder un espace francophone respectueux des nations, de l’Amérique du Nord à l’Afrique, du Proche-Orient à l’océan Indien ou Pacifique. Notre politique étrangère doit retrouver le Sud. Nous n’avons pas à être embrigadés dans les conflits décidés par l’erratique président des Etats-Unis : poursuivons avec la Chine le dialogue engagé depuis 1964 par la reconnaissance pionnière par le général de Gaulle ainsi que la coopération avec l’Inde. En Afrique, il s’agit de tourner définitivement la page des dernières années et recentrer nos coopérations sur l’Education, la santé, l’agriculture, en acceptant sans arrière-pensée la pleine indépendance des choix des gouvernants. Chaque pays doit faire sa propre expérience et les leçons administrées depuis Paris n’ont ni intérêt ni portée. La crise inédite du monde actuel donne sa place non à une Europe fictive, mais aux nations réelles, et la France doit savoir en tirer parti, car elle a un message à tenir dans l’univers des nations : celui qu’elle a fait rayonner en 1789, celui de la liberté et de la République, celui qu’elle a maintenu dans les deux guerres mondiales : la solidarité pour la victoire en 1918, la résistance contre le fascisme et les idéaux sociaux et démocratiques du CNR, l’indépendance conquise par la France gaullienne contre les blocs, et la fin du colonialisme. V - Avec quelles forces ? Cet horizon sera-t-il présent et défendu en 2027 ? Seule une élection présidentielle peut défaire le nœud de contradictions qui paralysent le pays. Et voilà l’enjeu : abandonnerons-nous au Rassemblement national, avec tous les risques qu’il comporte pour notre pays, le drapeau de la nation ? Les jeunes générations ne connaissent guère la première gauche, celle du CNR de 1944 et de la Libération, issue du mouvement ouvrier, mariant patriotisme et progrès social. Elle ne connait qu’une « deuxième gauche » sociétale, éloignée des préoccupations populaires, s’intéressant surtout à l’écologie, au mariage pour tous, à la PMA, à la défense des immigrés, au féminisme. C’est la gauche sans le peuple, le sociétal remplaçant le social. Mais tout cela conduit à la déroute, à la victoire de Donald Trump aux Etats Unis, aux succès de l’extrême droite en France ou en Italie. La gauche sans le peuple, pire la gauche contre le peuple, ça ne marche pas ! Le constat est amer : vote populaire pour le Brexit puis succès de Reform UK en Grande-Bretagne, ou pour l’AFD en Allemagne, basculement électoral de la gauche italienne vers l’extrême droite, 54 % en Hongrie, 46 % en Roumanie, 42 % en Pologne, le FpÖ premier parti d’Autriche, Le Smer-SD premier parti de Slovaquie, le PVV premier parti aux Pays Bas, … Devant cette fuite de l’électorat populaire vers les partis populistes, il est temps de se ressaisir, de prendre conscience de l’impasse, et de la nécessité de prendre un cap social, assumant pleinement l’intérêt national. Jaurès parlait déjà des noces du mouvement ouvrier et de la nation. Dans notre pays où la droite a oublié la nation, et la gauche a oublié le peuple, face au rejet populaire de tous ceux qui nous ont mené à cette situation, l’heure arrive d’un sursaut républicain. Retrouver la confiance des couches populaires suppose un projet rendant au pays sa souveraineté, afin de mener les politiques qu’elles attendent : protection, régulation, justice sociale, pouvoir d’achat. Sans souveraineté recouvrée rien de cela ne serait possible. Arracher les couches populaires à l’extrême droite est un impératif. Républicain. Nous n’y parviendrons pas en diabolisant le RN mais en répondant aux préoccupations populaires : abandon de la France périphérique, déserts ruraux, immigration incontrôlée, effacement du patriotisme, services publics sans moyens… Tel est l’enjeu de la prochaine élection présidentielle pour une gauche républicaine : montrer qu’il y a une autre voie pour redresser notre pays que l’abandon à la démagogie du RN ou de LFI : l’affirmation de la France contre les puissances et les marchés, l’affirmation de la République contre la désagrégation de la société et de l’Etat. Elle sera la boussole du Mouvement des Citoyens dans un combat où il entend bien s’engager pleinement. Soutenir la candidature la plus proche de nos vues, participer activement à la campagne pour faire connaître nos priorités et répondre aux attentes de nos concitoyens, prendre une part significative à la victoire du courant républicain de progrès : créons dès à présent les conditions du succès en 2027. Publié le 19 mai 2026 Chères et chers amis, Bernard Cazeneuve a accordé un entretien au Figaro paru ce mardi 28 avril. Je vous prie de trouver ci-après le texte de cet article. Néanmoins, je vous demande de ne pas le diffuser, notamment sur les réseaux sociaux, afin de respecter les droits du journal. En revanche, vous pouvez communiquer à vos connaissances le lien vers l'article sur le site du Figaro : https://www.lefigaro.fr/politique/bernard-cazeneuve-au-figaro-je-suis-pret-a-etre-candidat-en-2027-20260428 Amitiés. Clotilde Valter Pôle Idées et Trésorière de la Convention LE FIGARO Mardi 28 avril 2026 Bernard Cazeneuve au Figaro : «Je suis prêt à être candidat en 2027» Par Richard Flurin, Célestine Gentilhomme et Marie-Cécile Renault ENTRETIEN EXCLUSIF - L’ancien premier ministre fait part de sa détermination à participer à la campagne de la prochaine présidentielle en s’affranchissant du jeu des appareils. Il réagit au projet publié par le Parti socialiste. Bernard Cazeneuve est ancien premier ministre (2016-2017), ancien ministre de l’Intérieur (2014-2016) et président de La Convention, le parti qu’il a créé après avoir quitté le Parti socialiste en 2022. LE FIGARO. - Assumez-vous, comme votre ami François Hollande, de vous préparer à l’élection présidentielle ? Bernard CAZENEUVE. - Depuis plus de trois ans désormais, j’ai rassemblé des élus locaux et nationaux de sensibilités différentes, tous situés au centre gauche ou à gauche, avec à leurs côtés près de 150 experts, issus de la haute administration, des milieux syndicaux, des associations et du monde de l’entreprise. Ensemble nous travaillons à l’élaboration d’un projet pour la France, dans la perspective de l’échéance présidentielle, sans autopromotion, sans surexposition médiatique, en ayant à l’esprit la gravité du moment que le pays doit affronter. Ces femmes et ces hommes constituent une coalition d’êtres libres, qui se tiennent à une saine distance des combinaisons d’appareil. Vous êtes donc candidat ? J’y suis prêt. Comme la préoccupation du pays est la seule qui vaille, il est urgent désormais de dégager une solution qui évite le RN et sorte la France de ses difficultés. Lorsque sera venu le temps de la décision, nous porterons donc le message de nos convictions. Vous pourriez donc vous retrouver en concurrence avec François Hollande ? Ce serait absurde mais il faudrait pour cela que nos approches soient en tout point semblables. Or ce n’est pas le cas. Je n’ai pas pour ma part cautionné la constitution du NFP et j’ai quitté le PS en 2022, en désaccord avec l’alliance passée avec LFI. Mes choix ont été dictés par mes convictions, et je savais qu’en les affirmant nettement je ne ménageais pas mon avenir. J’ai travaillé pendant cinq ans avec François Hollande. Nous avons affronté les attentats côte à côte avec Manuel Valls et Christiane Taubira. Pour moi, la politique comporte une dimension humaine, qui dicte une certaine élégance, lorsque des épreuves nous lient. Je ne suis pas atteint du complexe de Cronos. Je trouve qu’il y a quelque chose de profondément triste à vouloir dévorer ses fils ou à prétendre tuer le père. Voilà mon état d’esprit qui devrait suffire à vous désangoisser. Quelles raisons vous conduisent à vous lancer dans la bataille présidentielle ? Le paysage politique est dominé par deux dégagismes qui ont des caractéristiques communes et s’entretiennent l’un l’autre. Le dégagisme d’extrême droite prend prétexte des outrances de l’extrême gauche pour expliquer que l’heure est venue du parti de l’ordre. Le dégagisme d’extrême gauche brandit le danger du fascisme pour expliquer que le rassemblement autour de lui relève d’une urgence absolue. Comme LFI est dans l’incapacité de gagner l’élection présidentielle il faut, pour éviter à tout prix la victoire du Rassemblement national, construire une offre politique qui donne enfin une perspective aux Français. Il est donc déterminant de créer les conditions d’un rassemblement le plus large possible autour d’un projet responsable et crédible. Il faut qu’une agrégation s’opère, qui permette au candidat qui l’incarnera d’être présent au second tour de l’élection présidentielle et de la gagner. Certains pensent que cela passe par les appareils, leurs alliances, les primaires. Je pense pour ma part que cela passe par le rassemblement des Français, par-delà les appareils, et la constitution d’une majorité sociale à même de faire naître une majorité politique : c’est à la coalition des producteurs qu’il faut donner confiance, en organisant celle des volontaires qui ont au cœur l’amour de la Nation et seront donc capables de courage. Dans un pays qui souhaite moins d’immigration, plus de sécurité, et le rétablissement des comptes, comment faire prospérer la gauche que vous représentez ? Le centre gauche est placé au barycentre du pôle républicain. Il lui faut donc démontrer qu’il formule la meilleure offre, qu’il dispose d’une vision, d’une expertise et d’une profondeur de champ. La gauche de gouvernement peut régler mieux que d’autres et de façon plus humaine la question migratoire. Le pays préférera ce chemin d’humanité et de raison à la brutalité de l’extrême droite xénophobe qui ne peut qu’aboutir à l’affrontement de tous contre tous. Lorsque j’étais ministre de l’Intérieur, 2,5 millions de personnes sont arrivées sur le territoire de l’Union européenne, pendant la crise migratoire de 2015. Pour y faire face, nous avons ouvert 570 centres d’accueil et d’orientation : 30.000 personnes ont été mises à l’abri dans le dispositif national d’asile, après avoir été sorties de la boue de la jungle de Calais. Et ceux qui devaient être renvoyés vers leurs pays d’origine l’ont été sans brutalité, dans le respect scrupuleux de leurs droits. Qui avais-je déjà en face de moi à l’époque ? L’extrême gauche, qui menait une campagne politique cynique sur le thème «Il déporte les migrants de Calais», alors que nous les mettions enfin à l’abri. Et l’extrême droite, qui expliquait qu’on allait créer partout des «mini-Calais» pour organiser les conditions du grand remplacement. Nous avons travaillé sans un bruit. Nos résultats en termes de reconduites à la frontière ont été significatifs. Les moyens de l’OFII, ceux de l’OFRA ont été augmentés. Le nombre de places en CADA a été doublé. Je me suis refusé, en ces années de tension, à instrumentaliser politiquement la question migratoire. Nous avons agi avec le souci du sort des migrants, avec celui de l’efficacité et sans grandiloquence. Pourrez-vous réellement vous passer du soutien du Parti socialiste, que vous avez quitté en 2022 ? Tous les appareils politiques ont perdu la confiance des Français qu’il nous faut rassembler. Volontairement je me tiens à distance de leurs combinaisons. Je me refuse à m’épuiser en manœuvres. J’ai exprimé une pensée claire. Un coup avec LFi, un coup sans; un coup la censure, un coup non; là n’était pas mon chemin. J’ai recherché la cohérence avant tout. J’ai décidé de quitter le PS lorsqu’il s’est allié une première fois avec LFI en 2022. Pour avoir pris cette position, dictée par mes convictions et l’histoire même du PS, j’ai été excommunié. J’ai réaffirmé ce choix en 2024, lorsque le NFP a été constitué. Son projet politique m’apparaissait très éloigné des urgences politiques du moment. J’ai alors été excommunié une deuxième fois. Au fil du temps, chacun s’est rendu compte que mes positions n’étaient pas totalement absurdes, si bien qu’elles ont été largement ralliées. Dans un contexte très grave sur le plan international et intérieur, je pensais qu’il fallait être libre, sincère, constant. Cela n’avait pas de prix à mes yeux. Mais cela avait un coût et comportait un risque. Je les ai assumés. N’est-ce pas risqué de se tenir à distance des négociations qui animent l’espace politique où vous vous situez ? Les manœuvres, les renversements d’alliance au sein des appareils, les dîners en ville pour faire main basse sur le trésor de guerre du PS, ce n’est ni mon combat ni ma préoccupation. J’ai dit à plusieurs reprises que nous devions collectivement créer les conditions d’une large convergence de la gauche de gouvernement autour d’une famille politique rassemblée et ouverte à toutes ses composantes et à la société. Cela n’a pas été souhaité, tant étaient grandes les arrière-pensées et nombreuses les petites combines. Faire mouvement ensemble nous aurait permis de nous hisser à la hauteur des défis considérables qui se présentent au pays. On a préféré se perdre en querelles stériles sur l’organisation de primaires, qui portent décidément bien leur nom, tant il suffit à les caractériser. Justement, le PS a présenté la semaine dernière un projet qui doit fonder le «socialisme du XXIe siècle» . Que vous inspire-t-il ? Après dix ans dans l’opposition, publier un projet sur le fond, c’était nécessaire et urgent pour éviter d’avoir à le toucher. Au terme d’une lecture approfondie, on y découvre des positions intéressantes avec lesquelles je suis en accord, sur l’internationalisme, l’ambition européenne, la politique du logement, ou encore la laïcité. Placer la liberté au cœur de la réflexion était également bienvenu. Mais les rédacteurs du texte semblent avoir oublié la leçon de Sartre : «La liberté, ce n’est pas pouvoir ce que l’on veut, mais vouloir ce que l’on peut.» Elle suppose donc d’abord la lucidité. Or, il y a dans ce projet beaucoup d’angles morts, qui s’expliquent par la volonté de ses rédacteurs de ménager à tout prix des partenaires. La droite fait les yeux de Chimène à l’extrême droite. Je la combats résolument. Elle pense que le marché suffit à atteindre l’objectif de la justice sociale, je pense que seuls des politiques publiques puissantes parviendront à l’instaurer. Quels sont les angles morts de ce programme ? Est-ce que l’on peut être libre si, dès lors qu’on est confronté au mur de la dette et à un déficit supérieur à 5%, on ne présente pas de façon crédible les voies par lesquelles on rétablira les comptes publics, afin de garantir le sauvetage et la pérennisation de l’État providence ? Il n’y a pas non plus de liberté sans production industrielle et agricole. Cela suppose l’accès à une énergie décarbonée et compétitive. La formule utilisée dans le projet, «autant de nucléaire qu’il est souhaitable et autant de renouvelables qu’il est possible», n’ouvre pas vraiment une perspective politique de nature à donner de la crédibilité à cette ambition pourtant impérieuse. Il n’y a pas non plus de production sans politique industrielle, sans recherche et innovation. Les théoriciens du projet préconisent la suppression du crédit d’impôt recherche pour les grandes entreprises, alors qu’elles représentent 50% de la recherche privée du pays. Plus globalement, ils proposent un très grand nombre de taxes nouvelles : la taxe Zucman, bien sûr, une taxe Amazon, une taxe sur les produits financiers, une taxe sur les paris en ligne, une taxe mondiale sur les bénéfices des grandes entreprises, une autre sur les transactions financières, une autre pour financer un fonds de sécurité face aux risques environnementaux. Tout cela traduit le bégaiement de nos erreurs passées. Nous sommes pourtant dans un monde connecté où les capitaux, les personnes, les entreprises peuvent bouger librement. Or la priorité doit être à l’innovation plutôt qu’à la taxation, sauf à prendre le risque d’un décrochage plus grave encore de notre appareil productif qui remettra en cause notre souveraineté et notre liberté. C’est d’ailleurs la recommandation de Mario Draghi à l’Europe contre son décrochage en cours. Les socialistes estiment que la social-démocratie est dépassée. Partagez-vous ce constat ? La social-démocratie repose sur quatre axes qui me paraissent d’une grande actualité. D’abord, le respect de la République dans ses principes, ses fondements et ses valeurs, sans la moindre concession au dégagisme de l’époque et à la tentation de la remise en cause des principes de l’État de droit. Il nous faut aussi réconcilier l’efficacité économique et la justice sociale, sans quoi le progrès ne sera pas possible. Sans production, il n’y a rien à répartir et la justice sociale ne résulte pas miraculeusement du ruissellement de la richesse créée par les efforts de ceux qui travaillent et investissent. Il faut que la lutte contre le réchauffement climatique s’opère sans décroissance, autrement dit l’innovation technologique, la recherche doivent contribuer à créer les conditions d’une croissance sobre et sûre. Enfin, l’ordre international doit être fondé sur le respect du droit et le retour du multilatéralisme face à des régimes autoritaires désormais sans limites. Cela n’est pas dépassé. La gauche qui refuse de regarder la réalité est en revanche dépassée par un dégagisme dont elle ne parvient pas à s’affranchir. À vous entendre, on peine à saisir ce qui vous différencie d’un homme de droite ? La droite fait les yeux de Chimène à l’extrême droite. Je la combats résolument. Elle pense que le marché suffit à atteindre l’objectif de la justice sociale, je pense que seuls des politiques publiques puissantes parviendront à l’instaurer. Une frange de la droite fait de la laïcité l’instrument de l’ostracisation des musulmans de France. Je la considère comme une valeur de concorde et d’altérité. La droite pense que l’environnement, «ça commence à bien faire». Je pense que la lutte contre le réchauffement climatique conditionne l’avenir de l’humanité. Une partie de la droite, comme de l’extrême gauche, a parfois été complaisante avec le régime autoritaire de Vladimir Poutine ; je pense qu’il faut le traiter fermement. Je vous donne une information : la gauche, ce n’est pas le gauchisme. Que vous inspire le concept mélenchoniste de «Nouvelle France» ? Je ne sais pas ce qu’est la «Nouvelle France» . Je sais ce qu’est la France. Je fais mienne la formule du général de Gaulle : est français celui qui veut que la France continue. Pour que la France continue, il faut que l’universalisme de ses valeurs soit totalement revendiqué et que son unité ne soit pas abîmée par des approches clientélistes ou communautaristes. On vous reproche souvent de ne pas batailler au quotidien dans le débat politique. Pourquoi cultivez vous cette distance ? Je ne me tiens pas à distance du débat politique, j’évite de le saturer de ma personne car j’ai la conviction, ma taille aidant sans doute, que la France est plus grande que moi. Quant aux commentaires incessants et aux phrases assassines qui accompagnent souvent les polémiques politiques stériles dont les Français sont lassés, ils sont sans doute du goût des «entourages» et de appareillons, qui ne parlent jamais à visage découvert. Mais je les considère comme une forme d’abaissement face à la gravité des temps qui se présentent à nous. "COMMENT ADHÉRER À LA CONVENTION Vous pouvez également adhérer à l’aide d’un formulaire papier accessible en cliquant sur ce lien. Si vous êtes déjà adhérent et souhaitez renouveler votre adhésion, cliquez ici . Si vous souhaitez faire un don, veuillez cliquer ici . Mentions RGPD : Les données recueillies sur ce formulaire sont traitées par l'équipe assistant les membres de ce mouvement afin de vous communiquer des informations relatives aux étapes de refondation de la social-démocratie en France. Conformément à la réglementation, vous disposez d’un droit d’opposition et d’un droit à la limitation du traitement de données vous concernant, ainsi que d’un droit d’accès, de rectification, de portabilité et d’effacement de vos données. Vous disposez également de la faculté de donner des directives sur le sort de vos données après votre décès. Toute demande visant à exercer vos droits peut être adressée à l'adresse suivante : Dpo.mouvement@gmail.com Publié le 9 mars 2026 Chers Amis, Le journal « l’Opinion » m’a proposé de publier, sous la forme d’un bloc-notes, un article tous les quinze jours. Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous le texte publié le 2 mars, que j'ai souhaité consacrer au rapport de force entre l'Europe et les États-Unis. Je vous demande de ne pas le diffuser sur les réseaux sociaux afin de préserver l’exclusivité due au journal, mais vous pouvez communiquer à vos connaissances le lien vers l'article sur le site de « l’Opinion » : https://www.lopinion.fr/international/europe-etats-unis-le-temps-est-venu-du-rapport-de-force-par-bernard-cazeneuve Bien fidèlement, Bernard CAZENEUVE Europe-États-Unis : le temps est venu du rapport de force 2 mars 2026 Le vendredi 20 février dernier, la Cour suprême a invalidé les droits de douane dits « réciproques », institués par Donald Trump, au mois d’avril 2025. Dans la plupart des pays européens, les entreprises pâtissaient depuis des mois de l’augmentation de 15 % des taxes perçues sur leurs produits entrant aux États-Unis. La décision prise par les plus hauts magistrats américains a donc été reçue avec grand soulagement, sans qu’il soit toutefois possible de répondre dès à présent à l’ensemble des interrogations qu’elle soulève. Les plus inquiets de la dégradation de l’État de droit, depuis le retour aux affaires de l’administration Trump, ont cru par ailleurs déceler dans la « rébellion des juges » le signe que la démocratie américaine n’avait pas perdu toutes ses défenses immunitaires et qu’il existait encore suffisamment de ressort en elle pour lui permettre de résister à la vague réactionnaire, qui déferle sur les États-Unis depuis 2024. Tout ce qu’Alexis de Tocqueville avait pressenti du génie du peuple américain, dont il avait longuement analysé les institutions et observé l’évolution des mœurs politiques, se trouvait résumé dans la décision d’une cour : soudainement, avec les effets d’un retour en grâce, la démocratie semblait renouer le fil qui la lie indéfectiblement au respect profond du droit, à ses principes et à l’ordre que la loi instaure par la seule volonté du souverain. D’un point de vue juridique, cette interprétation de la décision de la Cour suprême ne souffre aucune contestation. Rendue par six voix contre trois, elle prend acte du fait que les droits de douane, mis en œuvre par l’administration Trump étaient illégaux, le Congrès n’ayant jamais entériné la possibilité pour l’exécutif de les instaurer et de les percevoir, au moment du vote de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux, adoptée en 1977. En revanche, on cherchera en vain dans la décision de la plus haute juridiction américaine, la moindre référence au droit international ou aux principes de l’Organisation mondiale du commerce. Tout converge pour souligner que la volonté de la première puissance économique et commerciale du monde, d’imposer un ordre qui serve exclusivement ses intérêts propres n’est pas en cause, si une loi nationale permet de donner un fondement incontestable à ce très égoïste dessein. De même, comment ne pas être surpris, qu’au soir du 20 février, la faiblesse de la réaction de l’Union européenne ait été aussi manifeste, au point de voir ses leaders s’inquiéter du sort désormais réservé au mauvais accord de Turnberry ? Certains semblaient alors redouter que la nouvelle surtaxe mondiale de 15 %, appliquée à tous sans distinction, ne fasse perdre à l’Union européenne l’avantage tarifaire que l’accord précédent semblait lui avoir concédé. On aurait pu légitimement espérer réactions plus vives et plus grande détermination des Européens à imposer à leur grand « allié » d’outre Atlantique, un rapport de force qui soit enfin assumé. Puisque les droits de douane réciproques tombaient par la force du droit, il eût sans doute été possible d’éviter leur rétablissement, en menaçant l’administration Trump d’en imposer à notre tour, en représailles, et à hauteur du préjudice subi par nos propres entreprises. En effet, la guerre commerciale déclenchée par les États-Unis à l’encontre de l’Europe n’a pas pris fin du seul fait de la décision de la Cour suprême. Donald Trump n’a d’ailleurs pas attendu longtemps pour annoncer un nouveau train de taxes, s’appliquant aux importations européennes et se fondant sur d’autres dispositions légales que celles, contestées, de la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale. Il a fait savoir, sans coup férir, que son administration n’entendait pas procéder au remboursement des dizaines de milliards d’euros illégalement prélevés sur les entreprises s’étant trouvées contraintes d’acquitter des droits de douane et suggéré la voie contentieuse à celles qui seraient prêtes à engager des frais de justice, afin de récupérer une partie de ces sommes. Enfin, le président américain a de nouveau évoqué le caractère déloyal de la concurrence des autres pays et menacé ces derniers du déclenchement d’enquêtes destinées à apporter la preuve de ces pratiques répréhensibles. On ne pouvait donc concevoir réponse plus agressive à l’humiliation d’un camouflet. De cet épisode – dont les Européens inquiets de la montée des dégagismes auraient grand tort de se réjouir trop vite – on peut cependant retenir quelques leçons. La première est que les postures les plus démagogiques laissent toujours accroire que tout ce qui devait être fait, par le passé, ne l’a pas été, la volonté ayant depuis longtemps capitulé face à l’emprise excessive de la règle de droit. Or la parole performative qui enivre et narcissise son auteur, échoue la plupart du temps à délivrer sa promesse et se termine dans une impasse. Si le but qu’elle poursuit est hautement contestable, l’échec se révèle encore plus cuisant. Un pouvoir fort qui pense pouvoir s’abstraire des contraintes du droit est un pouvoir faible. De même, la théorisation de l’idée si répandue parmi les réactionnaires que la démocratie serait plus forte si on parvenait à l’amputer des principes de l’État de droit, affaiblit la liberté sans améliorer l’efficacité de l’action. Enfin, et c’est bien là l’essentiel, tous les disciples européens de Donald Trump, qui se sont réjouis de sa victoire et ont indiqué vouloir emprunter ses méthodes, ont mis à jour que leur nationalisme était inapte à défendre les intérêts souverains de leurs propres peuples puisque, comme souvent, ils servaient ceux de leurs principaux prédateurs. Face au devoir qui nous incombe de rendre intelligible un monde devenu irrationnel et dangereux, la lucidité est l’arme première. Elle appelle à accepter le rapport de force et à l’instaurer si nous avons jusqu’à présent échoué à le faire, sans nous poser indéfiniment la question de savoir si nous y parviendrons, mais en prenant le risque de croiser le fer. Là est le seul chemin, face à ceux qui ne comprennent que le rapport de force. Bernard Cazeneuve Ancien Premier ministre Publié le 25 février 2026 UN ENTRETIEN À DIMANCHE OUEST-FRANCE Chères et chers amis, Bernard Cazeneuve a accordé un entretien à Dimanche Ouest-France du 22 février. Je vous prie de trouver ci-après le texte de cet article. Néanmoins, je vous demande de ne pas le diffuser, notamment sur les réseaux sociaux, afin de respecter les droits du journal. En revanche, vous pouvez communiquer à vos connaissances le lien vers l'article sur le site du journal : https://www.ouest-france.fr/politique/bernard-cazeneuve/entretien-je-ne-me-deroberai-a-aucune-echeance-bernard-cazeneuve-detaille-un-projet-et-son-role-pour-2027-4577f1b0-0e36-11f1-b929-abb85d5fd4cd Vous pouvez également retrouver son interview à l'invitation d'Apolline de Malherbe pour BFMTV : https://www.youtube.com/watch?v=kKO15Fugb0w Amitiés. Clotilde Valter Pôle Idées et Trésorière de la Convention DIMANCHE OUEST-FRANCE 22 février 2026 ENTRETIEN. « Je ne me déroberai à aucune échéance » : Bernard Cazeneuve détaille un projet et son rôle pour 2027 « S’il faut prendre des responsabilités, je le ferai ; s’il faut aider les autres, je le ferai. » L’ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve précise les quatre priorités d’une stratégie présidentielle pour un « rassemblement des Français au centre gauche ». Un projet qu’il se dit prêt à porter. Il appelle le PS à organiser « un congrès » de la social-démocratie et réaffirme son opposition à LFI, qui, selon lui, alimente le vote RN. Il dévoile qu’il était d’accord pour entrer à Matignon. Recueilli par Cyril Petit et Yves-Marie Robin Publié le 22/02/2026 « La situation me paraît grave et il faut de la clarté, du courage, de la sincérité et aussi de l’expérience. J’ai réfléchi, travaillé, alerté. Je suis prêt à porter cette contribution mais il faut le faire avec d’autres. » Pour Ouest-France, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve détaille un projet pour l’élection présidentielle de 2027. Il ne déclare pas (encore ?) sa candidature (« S’il faut aider les autres, je le ferai. Je ne suis pas là pour ma pomme » , dit l’ex-maire de Cherbourg) mais ne l’exclut pas non plus. Surtout, il dévoile les quatre priorités d’une stratégie présidentielle : « réconciliation de l’efficacité économique et de la justice sociale », « lutte contre le réchauffement climatique, sans décroissance » « respect de l’État de droit et de l’ordre républicain, pour maintenir l’unité et l’indivisibilité de la nation » et « multilatéralisme, Europe et respect du droit international ». « Si l’élection présidentielle ne traite pas de ces sujets, elle sera un rendez-vous manqué, une étape supplémentaire dans l’avachissement du pays », précise Bernard Cazeneuve, qui redit aussi son opposition radicale à La France insoumise. Et prône « un rassemblement au centre gauche » pour battre le Rassemblement national. La gauche et La France insoumise Il y a quatre ans, vous quittiez le Parti socialiste après son alliance avec la France insoumise. Une semaine après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon et alors que des mis en cause sont réputés proches de LFI, ce parti est sous le feu des critiques. Quelle est votre réaction ? J’ai quitté le PS par conviction, non par dépit, car je n’imaginais pas pouvoir y demeurer par calcul. Son alliance avec LFI m’est apparue, sitôt scellée, comme une faute politique et morale. La nature autocratique de ce mouvement, sa pente violente, sa relation transgressive aux institutions et au droit, son jugement parfois ambigu sur certaines dictatures à travers le monde, son communautarisme, son antisémitisme que je sentais poindre, tout cela me paraissait incompatible avec le message de la gauche humaniste et républicaine, porté dans l’Histoire par ses grandes voix : Blum, Jaurès, Mendès France mais aussi Brossolette, Camus, Badinter… Mais vous n’étiez pas nombreux à tenir ce discours… En effet et certains de mes camarades, après trente ans d’action et d’engagement socialiste, m’ont excommunié pour être agréables à leurs nouveaux alliés. Ils expliquaient à qui voulait les entendre, que je n’avais rien compris, que ma vision des relations avec les forces politiques de gauche était passéiste. Encore très récemment, certains revendiquaient la nécessité de la radicalité en politique, sans comprendre qu’elle n’est rien d’autre qu’une posture dissimulant la faiblesse d’une pensée si la colère se substitue à l’espérance. Lors de la dissolution de 2024, la plupart des responsables du PS se sont, à nouveau, précipités dans les bras de LFI et du Nouveau Front populaire. Encore une fois, y compris parmi mes amis, j’ai essuyé des critiques. J’étais l’empêcheur de radicaliser en rond et d’assouvir des ambitions… Deux ans après, ce que j’avais dit comme lanceur d’alerte apparaît au grand jour comme une réalité au point que certains, qui se sont compromis avec le bruit et la fureur, administrent parfois des ordonnances comme si dès l’origine, ils avaient tout compris et tout dénoncé. Quels choix s’offrent au PS aujourd’hui ? Va-t-il épouser des lignes claires ? Ou continuer la stratégie de la godille pour défendre des intérêts de boutique, alors que le risque de basculement de la France dans la violence extrême est réel ? On voit, depuis les événements tragiques de Lyon, que des groupes d’ultras fanatisés cherchent l’affrontement. À plusieurs reprises, Jean-Luc Mélenchon a théorisé la confrontation entre le Rassemblement national et LFI comme l’aboutissement de sa stratégie pensée il y a près de dix ans. Elle ne consiste pas à amener la gauche au pouvoir, mais à organiser cette confrontation, en la condamnant au genou à terre face à l’extrême droite. LFI fabrique du vote RN dans des proportions industrielles. Jean-Luc Mélenchon, c’est Charlie Chaplin dans Les temps modernes : chaque fois qu’il bouge un bras, il engendre un vote RN. Le député Raphaël Arnault, dont l’un des assistants parlementaires est mis en examen dans l’affaire de Lyon, doit-il démissionner ? Raphaël Arnault n’a plus sa place à l’Assemblée nationale. Certes, il a été élu, mais il a été condamné pour violences. Il n’est d’ailleurs pas le premier député LFI condamné pour ce motif. Ce parti, qui passe son temps à dire qu’il est pour la non-violence, ne prend jamais la moindre décision pour sortir de ses rangs ceux qui ont été coupables de violences et condamnés pour cela. Vous pointez la responsabilité des camps extrêmes dans la montée de la violence. Mais le bloc central modéré n’a-t-il pas aussi une responsabilité ? Chacun a une responsabilité même si elle n’est pas de même nature. Au moment où je condamnais l’alliance entre la gauche de gouvernement et LFI, je déplorais la dissolution et ses effets. La décision solitaire et verticale du président de la République a créé un désordre institutionnel, les conditions d’un affaissement politique et d’une ingouvernabilité ayant plongé beaucoup de nos concitoyens dans la plus grande confusion. Cette confusion n’est pas sans lien avec la violence qui monte. Les jeux politiciens dérisoires, les ambitions personnelles en pagaille, l’égotisme présidentialiste procèdent aussi d’une irresponsabilité générale. Plutôt que d’afficher ses ambitieux, l’arc républicain devrait, au contraire, formuler une ambition puissante pour la nation, permettant d’éviter la victoire du Rassemblement national en 2027. Sa vision de la France Assiste-t-on à un retour du climat de la IVe République ? J’en suis convaincu. Les partis sont effondrés, ils ne sont plus que des appareils épuisés, qui comptent autant de candidats à la présidentielle que de sensibilités et bien plus que d’idées. Le camp républicain n’a pas encore démontré sa capacité à créer les conditions d’un large rassemblement des Français de sensibilités différentes afin de prendre, dans un moment de crise extrêmement grave, les décisions qui s’imposent, sur le plan budgétaire, industriel, énergétique, ou en matière de sécurité et de défense… Les défis sont si considérables qu’ils imposent un effort, dont la nation est capable si toutefois il y a un sursaut. Comment le créer ? Il faut parler des problèmes du pays, sans se préoccuper de séduire. Il faut émettre un diagnostic lucide sur l’état de la France et proposer des solutions pour son redressement. Cela exigera un effort de tous, y compris pour plus de justice. Fait-on le choix du courage pour convaincre, en prenant le risque de dire la vérité ? Ou est-ce qu’une fois de plus on lambine et on combine pour essayer de passer à travers les gouttes ? Pour ma part je pense que la situation est trop grave pour ne pas faire le choix de la sincérité et de la clarté avec la part de risque que cela emporte : par exemple c’est bien de suspendre la réforme des retraites, mais il faut expliquer par quoi on la remplace et le dire sans faux-semblants. Faut-il introduire une part de capitalisation dans les retraites ? S’il n’y a pas une réforme profonde, la retraite par répartition ne sera pas garantie pour nos enfants et petits-enfants. Pour la maintenir, il faut travailler plus longtemps. Mais cela n’est pas possible pour ceux qui ont travaillé tôt dans les métiers les plus pénibles. Il faut garantir leur départ plus tôt. D’autres, dans des métiers moins pénibles, doivent pouvoir travailler plus longtemps et continuer à cotiser pour les autres. Ça s’appelle la solidarité nationale. Globalement, il faudra donc allonger la durée de cotisation. Et travailler plus nombreux. Sa stratégie pour la présidentielle de 2027 Plus largement, quelle stratégie politique défendez-vous ? On ne peut pas battre le RN sans un large rassemblement des Français. Mon souhait, c’est qu’il se fasse autour du centre gauche, parce que c’est là qu’est le point d’équilibre où le rassemblement est possible. Ce rassemblement doit s’organiser autour de quatre axes. Quels sont-ils ? D’abord, la réconciliation de l’efficacité économique et de la justice sociale. On ne fera rien sans les acteurs économiques et les entreprises. Rien ne sera possible sans un dialogue approfondi avec les syndicats si l’on veut le progrès social. Si l’on ne produit pas, on n’a rien à répartir et l’État providence s’affaisse. Il faut ensuite réussir la lutte contre le réchauffement climatique, sans décroissance, en créant les conditions d’une production sobre, sûre et décarbonée. La République doit être portée haut dans ses principes et ses valeurs, pour le respect de l’État de droit et de l’ordre républicain, pour maintenir l’unité et l’indivisibilité de la nation. Enfin, le multilatéralisme, l’Europe et le respect du droit international doivent être au creuset d’une ambition pour la paix et la reconnaissance des droits de la personne humaine, ce qui suppose que nous soyons en situation d’assurer notre sécurité et clairs à l’égard des régimes autoritaires. Ces axes appellent des décisions budgétaires, le rétablissement des comptes publics et sociaux et des choix en matière de défense, de justice sociale, de production et de décarbonation. Si l’élection présidentielle ne traite pas de ces sujets, elle sera un rendez-vous manqué, une étape supplémentaire dans l’avachissement du pays. Le centre gauche, qu’est-ce ? C’est la gauche républicaine et humaniste qui souhaite gouverner autour d’axes clairs, sans compromis avec les dégagismes aux passions tristes, et sans sectarisme. Je parle toutes les semaines avec des parlementaires du Parti socialiste, du bloc central, avec l’aile gauche de la majorité notamment. Ce qui rassemble ces femmes et ses hommes, c’est l’esprit de responsabilité et le souhait d’une solution politique qui permette d’éviter le basculement du pays vers le pire. Ça peut aller jusqu’aux Écologistes, qui, parfois, s’allient avec LFI ? Il faut distinguer l’électorat écologiste de l’état-major des Verts. Certains leaders d’EELV sont le faux nez de LFI. Mais il y a un électorat et des leaders écologistes très proches de la gauche de gouvernement. De la même manière, il y a des électeurs de LFI qui ne sont pas dans l’adhésion à la brutalisation de la vie politique. Ce sont des électeurs qui, face au risque RN, peuvent se rassembler. Les quatre axes évoqués ressemblent à un programme présidentiel. Êtes-vous prêt à porter ce projet en 2027 ? J’ai toujours dit que je ne me déroberai à aucune responsabilité, à aucune échéance. La situation me paraît grave et il faut de la clarté, du courage, de la sincérité et aussi de l’expérience. J’ai réfléchi, travaillé, alerté. Je suis prêt à porter cette contribution mais il faut le faire avec d’autres. Comme la situation est grave, j’aspire à une démarche collective. S’il faut prendre des responsabilités, je le ferai ; s’il faut aider les autres, je le ferai. Je ne suis pas là pour ma pomme, car par tempérament, je suis d’abord au service de mon pays et il y a mille manières de le servir. La candidature à gauche Mais quelle doit être la méthode pour choisir le meilleur candidat à gauche ? Les ambitions individuelles et les manœuvres risquent de rendre difficile un vaste rassemblement. Il faut que le PS organise une nouvelle étape, un congrès qui rassemble toutes les familles de la social-démocratie, sans exclure quiconque. Dans ce cadre, vous redeviendriez membre ? S’il y a une démarche de large rassemblement destinée à créer une force politique crédible dans la perspective présidentielle, bien entendu. Il faut des partis puissants qui rassemblent autour d’une ligne claire. Sans force politique solide, un projet crédible et une sincérité dans l’engagement, ce qui suppose de la constance, tout est plus difficile. Quelle est l’échéance ? C’est au lendemain des municipales qu’il doit y avoir une organisation, une plateforme, un rassemblement. Olivier Faure a prévu une primaire avec une partie de la gauche. Vous pensez qu’elle ira jusqu’au bout ? Non. Ces opérations de diversion sont destinées une fois de plus à éviter d’avoir à trancher sur la ligne. Voilà des années que le flou perdure au rythme de congrès qui sont autant d’occasions manquées…. Aujourd’hui, que représentez quoi politiquement ? Quels sont vos soutiens ? Vous avez créé un mouvement politique, « La Convention », en 2023… Je n’ai pas créé un mouvement politique mais un grand orphelinat de 15 000 adhérents où peuvent se retrouver tous ceux qui, récusant les tambouilles, aspirent à la clarté, à la crédibilité et se refusent aux alliances sordides. Ce mouvement contribuera avec d’autres à la constitution d’une force de gouvernement, le moment venu. C’est ce qu’avait fait François Mitterrand avec la Convention des institutions républicaines jadis : une passerelle vers un nouveau parti, capable de rassembler des gens différents avec une ambition pour la nation. Mais les Français semblent de plus en plus à droite… Les Français se sont déplacés vers la droite parce que la gauche a cessé de ballaster son propre espace. Avec une vision claire autour d’un équilibre entre efficacité économique, justice sociale et autorité républicaine, il est possible d’éviter l’extrême droite. Mais l’effort du redressement ne va pas sans la vérité du discours, sans le rassemblement large des Français et sans l’expression d’une certaine idée de la France. Il est donc urgent de répondre sérieusement aux inquiétudes. La radicalisation d’une partie de la gauche sous l’emprise de LFI obscurcit le débat. Les sujets sérieux, qui préoccupent les Français et sur lesquels on pourrait interpeller l’extrême droite et faire apparaître sa faiblesse, sont occultés par le tohu-bohu d’une radicalité médiocre. Lui Premier ministre et ses relations avec les autres Regrettez-vous de ne pas avoir été nommé Premier ministre après la dissolution ? Je n’avais aucune prise sur cette décision. Elle appartenait au président de la République. Certaines forces politiques, y compris à gauche, ont par ailleurs torpillé cette hypothèse. Je n’ai pas eu envie de commenter cela. J’en ai pris acte. Je n’étais demandeur de rien et je n’ai donc pas eu à manœuvrer. J’étais simplement prêt à servir. Avez-vous été sollicité à chaque remaniement depuis 2024 ? Non. J’ai eu une discussion avec le président de la République après la dissolution ayant abouti à la nomination de Michel Barnier. Je n’ai plus eu d’échanges politiques avec le chef de l’État depuis cette époque. Partons en Normandie : à Cherbourg, dont vous avez été maire, soutenez-vous le maire sortant, Benoît Arrivé (PS), qui se représente ? Je soutiens l’équipe sortante, qui a fait du bon travail. Autre Normand célèbre, Édouard Philippe, qui veut, lui, réunir autour du centre droit. Vous vous parlez ? Oui, régulièrement. Il y a des points de divergence entre nous, mais il a le sens de l’État. Pour battre le RN, il ne faut pas refuser le débat, mais créer les conditions d’un dialogue dans la clarté. La droite et la gauche, ça existe. Tout n’est pas dans tout en même temps. Pour ma part j’aspire à ce que le rassemblement se fasse autour des thèmes de la gauche de gouvernement, mais dans un compromis avec tous ceux qui participent de l’arc républicain. Et échangez vous avec Sébastien Lecornu, Premier ministre normand lui aussi ? Oui. J’ai des contacts avec tout le monde, peut-être être parce que je suis à distance de la cuisine politique depuis longtemps. Les questions du dimanche Qu’est-ce qu’un dimanche réussi pour vous ? Un dimanche en famille, dans le jardin et dans la lecture. Je lis en ce moment de la littérature danoise (Jens Christian Grøndahll) et relis Maupassant et Zola. Avec vous un souvenir de dimanche de votre enfance ? Les dimanches passés avec mes parents chez les antiquaires et dans les forêts du Valois, dont la lumière a bercé mon enfance. Avez-vous le blues du dimanche soir ? Je n’ai jamais le blues. Publié le 16 février 2026 Chers Amis, Le journal « l’Opinion » m’a proposé de publier, sous la forme d’un bloc-notes, un article tous les quinze jours. Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous le texte publié le 12 février, que j'ai souhaité consacrer à la politique énergétique de l'Union européenne. Je vous demande de ne pas le diffuser sur les réseaux sociaux afin de préserver l’exclusivité due au journal, mais vous pouvez communiquer à vos connaissances le lien vers l'article sur le site de « l’Opinion » : https://www.lopinion.fr/politique/pour-etre-souveraine-lunion-europeenne-doit-refonder-sa-politique-energetique-par-bernard-cazeneuve Bien fidèlement, Bernard CAZENEUVE Pour être souveraine, l'Union européenne doit refonder sa politique énergétique 12 février 2026 Dans un contexte géopolitique où dominent menaces et incertitudes, l’Europe doit avoir pour ambition de garantir, sans délai, sa pleine souveraineté énergétique. C’est par l’affirmation de cette volonté qu’elle parviendra, par ailleurs, à inscrire dans la durée la compétitivité de son économie. Pour les peuples européens, la souveraineté énergétique signifie d’abord qu’ils ne consommeront plus, à terme, de combustibles fossiles, qu’il s’agisse de leur chauffage, des transports ou de la production d’électricité. La lucidité nous dicte aussi qu’il faudra de la détermination pour atteindre le but : en effet près de 60% de la consommation d’énergie européenne reposait encore, en 2021, sur des combustibles fossiles, et plus de 40% de l’électricité était produite à partir du charbon, du gaz ou du pétrole. Atteindre l’objectif de souveraineté énergétique impliquera donc un profond changement des méthodes mobilisées pour conduire la transition énergétique : les approches coercitives, fondées sur l’interdiction de certains usages, comme le véhicule thermique, ou la taxation de certains produits ont montré leurs limites, du fait notamment des frustrations et des crispations sociales qu’elles engendrent. Pour atteindre le plus rapidement possible l’objectif de souveraineté énergétique et de neutralité carbone quatre conditions doivent être réunies : - Il importe, avant toute chose, de réduire la consommation globale d’énergie, tout en continuant à améliorer le niveau de vie des Européens. A terme, une réduction de 40% de l’énergie consommée doit être visée, ce qui nécessitera des efforts très importants, notamment dans les secteurs de l’habitat et des transports. En effet, l’analyse des tendances depuis 30 ans témoigne de la quasi-stabilité du volume d’énergie utilisée en Europe. Après un pic atteint en 2007, la consommation n’a diminué que de 5% en 14 ans, sous l’effet de la baisse légère constatée dans les transports et l’industrie, en dépit de la hausse des secteurs tertiaires et domestiques. - Les nations européennes n’échapperont pas à la conversion progressive de tous les usages énergétiques à l’électricité décarbonée et aux bioénergies, c’est-à-dire au développement des moyens de production d’énergie correspondants. Le niveau d’investissement à consentir, à ce titre, dans les trente prochaines années est immense : pour la seule production d’électricité, il est estimé en Europe à 5 000 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter l’ensemble des investissements de sobriété, d’efficacité énergétique et de conversion des usages. La cible ne sera pas atteinte si l’Europe n’accepte pas de mutualiser sa dette pour financer les investissements les plus structurants pour son avenir. - Cela supposera, de fait, une forte cohérence et une réelle solidarité intra-européenne entre les pays qui partagent l’objectif de décarbonation de tous les usages. Chaque Nation doit être libre d’adopter le mix énergétique de son choix, et l’Europe doit soutenir, politiquement et financièrement, les différentes stratégies adoptées, sans jamais s’immiscer dans les choix technologiques associés. Les énergies éolienne, solaire, nucléaire, hydraulique comme les bio-énergies présentent chacune des avantages et des inconvénients, mais elles permettent toutes de produire de l’énergie décarbonée. A l’échelle européenne, la décarbonation doit demeurer le seul critère d’évaluation de la pertinence des investissements à réaliser et du soutien à leur accorder. - Enfin, cette révolution industrielle se traduira inévitablement par une hausse significative du prix de l’énergie, et par une augmentation du prix des logements, des transports, de l’alimentation. Nous sortons d’une longue période au cours de laquelle les prix de l’énergie sont demeurés très bas. L’économie s’est alors mondialisée et le niveau de vie de la population européenne a globalement progressé. Mais ce contexte n’est pas reproductible à l’infini, et tout témoigne que la compétition brutale et la lutte sans merci pour la maîtrise des ressources des sous-sols, peuvent rapidement engendrer de préjudiciables conséquences pour les revenus des plus modestes des Européens, qui devront être accompagnés et soutenus pour pouvoir s’adapter. Seul un tel chemin vers la souveraineté énergétique permettra à l’Europe de diminuer progressivement ses émissions de CO2, et de se rapprocher de l’objectif de neutralité carbone. Le rythme de cette mutation dépendra toutefois de nombreux facteurs, et notamment de la capacité de l’Europe à financer les investissements indispensables et à créer les conditions de l’acceptabilité sociale des multiples effets qui en découleront. Ces évolutions de grande ampleur ne sauraient, par ailleurs, s’accomplir au détriment de la place de l’Europe dans le monde ; plus que jamais, une croissance robuste de l’économie européenne est indispensable, d’une part pour être en mesure de financer les investissements les plus stratégiques et urgents et pour maintenir, d’autre part, le rang de l’économie européenne au sein de l’économie mondiale. Au niveau européen, une re-internalisation des productions des biens d’équipement ou des produits agricoles énergétiquement sensibles sera nécessaire. Il ne servirait à rien, en effet, d’être en apparence vertueux ici, en Europe, si nous importons encore depuis les pays du bout du monde, des produits élaborés avec une efficacité énergétique désastreuse. Désormais, notre empreinte carbone doit constituer notre seule boussole. Enfin, au moment où l’Europe est contrainte pour sa sécurité de se réarmer militairement, elle doit, dans un même mouvement, devenir énergétiquement autonome. Ne pas s’y résoudre reviendrait à ne pas maîtriser pleinement tous les instruments de sa souveraineté. Dans un monde menaçant, relever un tel défi suppose la mise en mouvement d’un continent tout entier. L’Europe, forte de ses 500 millions d’habitants, est capable pour assurer son avenir d’investir et d’innover dans des infrastructures de long terme, dans l’habitat, dans les transports, dans l’industrie, dans l’agriculture. Réussir ce défi nécessitera de tenir un discours de vérité, débarrassé des idéologies défaitistes ou des dogmes déconnectés du réel : l’Europe est menacée. Elle doit « à la fois » assumer ses efforts en matière de défense et se doter des moyens de maîtriser toutes les formes d’énergies décarbonées pour assurer son avenir. Compte tenu du comportement déstabilisateur des puissances prédatrices, tenir un discours de vérité, c’est aussi ne pas manipuler l’opinion en lui laissant penser qu’il suffirait d’être vertueux pour être protégé des effets du réchauffement climatique. Au-delà de l’indispensable atténuation de nos émissions, il nous faudra aussi développer des programmes d’adaptation, afin de faire face à des phénomènes climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents. Seul un discours de responsabilité est susceptible de mobiliser le citoyen européen et d’obtenir son adhésion positive aux défis à relever. Le Premier ministre veut faire de la question énergétique l’un des sujets du quinquennat qui touche à sa fin. Il y faudra de la volonté et de courageux arbitrages. Bernard Cazeneuve Ancien Premier ministre Publié le 3 février 2026 Chers Amis, Le journal « l’Opinion » m’a proposé de publier, sous la forme d’un bloc-notes, un article tous les quinze jours. Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous le texte publié le 1er février, que j'ai souhaité consacrer à la défense du droit international. Je vous demande de ne pas le diffuser sur les réseaux sociaux afin de préserver l’exclusivité due au journal, mais vous pouvez communiquer à vos connaissances le lien vers l'article sur le site de « l’Opinion » : https://www.lopinion.fr/politique/aucune-defense-du-droit-international-nest-possible-sans-les-attributs-de-la-force-par-bernard-cazeneuve Bien fidèlement, Bernard CAZENEUVE Aucune défense du droit international n'est possible sans les attributs de la force Publié le 1er février 2026 À Davos, l’Alliance atlantique a une nouvelle fois affiché ses divergences. Dans une mise en scène ayant permis aux Américains et aux Européens de s’éviter chacun a rappelé ses lignes rouges, tout en veillant à ne pas rendre irréversibles les vives tensions des dernières semaines. Il est vrai que depuis l’arrestation spectaculaire, le 3 janvier dernier à Caracas, du tyran vénézuélien Nicolas Maduro, un sentiment de toute puissance pousse Donald Trump aux pires excès. À l'écouter, rien ne pourra désormais s’opposer à sa volonté, à l’exception nous dit-il de sa propre morale. Cela pourrait suffire à apaiser nos craintes si de morale, il ne semblait pas singulièrement dépourvu. Or la force, instaurée comme la source unique de la légitimité des États ne peut que conduire à la guerre, dans une rupture douloureuse et brutale avec les valeurs qui fondèrent la création des Nations unies, au lendemain de 1945 : l’ordre international fondé sur le multilatéralisme, la liberté, la démocratie et le respect des droits humains fondamentaux a vécu sans qu’il soit encore possible de décrire celui qui le remplacera. Mais l’incertitude obscurcit le ciel chaque jour davantage, qui laisse planer sur l’avenir de l’Humanité de très lourdes menaces. C’est donc dans un contexte où ne comptent que les intérêts de son clan, qui pour lui s’identifient nécessairement avec les intérêts de son pays, que le président des États-Unis multiplie les provocations à l’encontre des Européens. Par-delà la violence des propos et la brutalité des méthodes de Donald Trump, le basculement du monde auquel nous assistons révèle le cynisme des nouveaux empires, qui ne comprennent que le langage de la force. Sidérées, l’Europe et les Nations qui la composent cherchent à tâtons leur chemin et tout indique qu’elles peinent à réviser leur vision du monde. Pourtant de leur aggiornamento dépendra leur capacité à maîtriser les risques qui pèsent sur la préservation de leurs intérêts souverains, mais aussi sur la liberté de leurs peuples. Les événements qui se sont récemment produits au Venezuela, la crise ouverte par les États-Unis sur la question du Groenland et les discussions en cours sur le contenu d’un éventuel accord de paix en Ukraine constituent autant de défis qui pèseront sur l’avenir du Vieux Continent. Ses dirigeants finiraient d’ailleurs par se perdre, s’ils pensaient pouvoir faire l’économie de la lucidité, face à la dangerosité du monde qui se présente à eux. Au Venezuela, l’intervention américaine a mis fin au règne d’un dictateur sans scrupule, qui entretenait les trafics, au seul profit d’une camarilla corrompue et au grand détriment des Vénézuéliens eux-mêmes, soumis depuis longtemps à une féroce répression ou bien forcés à l’exil. Nul qui est attaché à la démocratie et à ses valeurs ne pleurera la chute de Nicolas Maduro. Mais chacun qui croit aux règles du droit international ne pourra que déplorer qu’elles aient été bafouées, à l’occasion du renversement spectaculaire de son régime. Car l’histoire récente nous enseigne que la fin d’un dictateur ne conduit pas nécessairement à l’avènement de la démocratie. Lorsque la chute des tyrans est engendrée par la force de puissances impériales ne dissimulant même pas leurs buts - la volonté de faire main basse sur les ressources naturelles d’un pays - ne rencontre aucune résistance, la plus grande confusion s’instaure. La violence menace et le droit se perd : les vieilles démocraties européennes font alors l’expérience que l’absence d’une capacité individuelle et collective de défense crédible, la faible compétitivité de leurs industries et la montée en leur sein de forces politiques désireuses de voir la construction européenne se dissoudre, les privent des attributs de la force. De même, les retards pris par l’Europe dans la défense de ses intérêts souverains, la lenteur des décisions garantissant la crédibilité de sa capacité à assurer sa propre sécurité, auront contribué à affaiblir l’efficacité de sa réplique aux provocations de Donald Trump sur le Groenland. On peine en effet à imaginer qu’une atteinte portée par les États-Unis à la souveraineté d’un territoire relevant de celle de l’un des membres de l’Alliance atlantique - le Danemark en l’occurrence, de surcroit membre de l’Union européenne - puisse aboutir au maintien des solidarités qui furent à l’origine de la signature, le 4 avril 1949, du Traité de l’Atlantique Nord. D’abord conçu pour défendre de toute agression extérieure les nations attachées aux valeurs du monde libre - au premier rang desquelles figurent les libertés démocratiques et la préservation des fondements de l’État de droit - l’Alliance atlantique peinerait à survivre aux coups de boutoir de l’administration américaine à l’encontre de certain de ses membres. La prise de contrôle du Groenland par notre grand allié et la captation par lui des richesses de son sous-sol scelleraient de fait la fin de l’Alliance atlantique, dont les États-Unis ont par ailleurs besoin pour assurer leur propre sécurité, et qui assure une part importante de la prospérité de ses industries d’armement. Il serait par ailleurs paradoxal et dangereux d’administrer la preuve, à la face d’un mode devenu incertain, que les défis de sécurité les plus éminents ne parviendraient à être surmontés, que dans la dissolution de l’Alliance politique et militaire, conçue à l’origine pour en assurer la maîtrise. C’est en effet le monde libre, dans son ensemble, qui s’en trouverait alors durablement affaibli. La guerre en Ukraine aura enfin démontré que la Russie de Poutine, à l’instar de l’Amérique de Trump, ne comprend que le rapport de force. Si la paix est si longue à venir à l’est de l’Europe, c’est précisément parce que le président des États-Unis a laissé accroire à son homologue russe qu’elle pourrait se conclure à ses conditions, c’est-à-dire dans la capitulation du peuple ukrainien face à son envahisseur. Il est donc logique, dans un tel contexte, que la Russie n’envisage aucun cessez-le-feu, aussi longtemps qu’une paix globale n’aura pas été négociée, qui viendrait consacrer l’annexion par elle de la Crimée et celle du Donbass, au-delà même des seuls territoires occupés par ses troupes. Par ailleurs, il est fort probable que, dans un tel contexte, la force de réassurance, régulièrement évoquée par le président Macron, pour garantir le bon déroulement du processus de paix, ne parviendrait pas se déployer, la Russie ayant opposé son veto à la présence des troupes de l’Otan sur le territoire de l’Ukraine. La fragilisation de l’Alliance atlantique, à la faveur de la crise déclenchée au Groenland, donnerait enfin à Poutine une marge de manœuvre supplémentaire au grand détriment de notre sécurité collective. Face aux menaces qui montent, la défense de la démocratie n’ira pas sans l’acceptation des efforts nécessaires au sursaut de l’Europe et au redressement de la France, dont la position au sein de l’Europe est affaiblie par l’ampleur des déficits et des dettes et par le désordre institutionnel engendré par la dissolution. Il y faudra de la lucidité et du courage et le large rassemblement des Français. Car sans les attributs de la force, il est vain de prétendre à la défense du droit international. Bernard CAZENEUVE Ancien Premier ministre Publié le 3 février 2026 Chères et chers amis, En ce début d’année, l’actualité est marquée à la fois par la situation internationale, une France éprouvée par l’instabilité politique et par les prochaines élections municipales. Bernard CAZENEUVE est présent dans les médias et il ira soutenir les listes qui l’ont sollicité. Vous trouverez dans cette newsletter les liens d’accès aux émissions de LCI du dimanche 18 janvier, de France Info du vendredi 30 janvier et enfin de BFMTV du dimanche 1er février. Je vous propose de retenir plus particulièrement les extraits suivants : Le pays est en train de s’affaisser. Si on est soucieux de l’intérêt du pays et désireux de dire la vérité aux Français, il faut dire la difficulté que poseront à terme la dette et le déficit. Sur les retraites, c’est mentir aux Français que de dire qu’il ne faut pas régler le sujet. Il faudra allonger à terme la durée de cotisation. Ceux qui ont commencé tôt dans les métiers les plus pénibles devront partir tôt. D’autres devront cotiser plus longtemps. La seule solution pour éviter le Rassemblement national, c’est de rassembler les Françaises et les Français, sur une ligne claire, par-delà les appareils fatigués, autour de la gauche républicaine et humaniste. Je prendrai ma part pour que cela soit possible. Voici les liens des trois émissions : LCI - 18 janvier : https://www.tf1info.fr/replay-lci/videos/video-en-toute-franchise-du-dimanche-18-janvier-2026 2419354.html France Info -29 janvier : https://youtu.be/3ZhujjPjHRM?si=sf0LqsL34bUUDYEo BFM TV - 1er février : https://youtu.be/3AYCv-NtErs?si=-C_OkOGe2xsXC9o4 Plusieurs déplacements de soutien aux municipales sont d’ores et déjà fixés : le jeudi 12 février à 19h : réunion publique à Romainville en soutien à la liste de Soraya JEBALI, le samedi 14 février à 16h : réunion publique à VILLEJUIF en soutien à la liste de Sylvie MANTION, le jeudi 12 mars à 18h : réunion publique au CREUSOT en soutien à la liste de David MARTI. D’autres déplacements sont en préparation. Nous vous transmettrons une liste complétée dès que possible. Bonnes campagnes à toutes et à tous, Amitiés Clotilde VALTER Trésorière de La Convention Chers Amis, Le journal « l’Opinion » m’a proposé de publier, sous la forme d’un bloc-notes, un article tous les quinze jours. Je vous prie de bien vouloir trouver ci-dessous le texte publié le 19 novembre, que j'ai souhaité consacrer à la discussion parlementaire sur le budget. Je vous demande de ne pas le diffuser sur les réseaux sociaux afin de préserver l’exclusivité due au journal, mais vous pouvez communiquer à vos connaissances le lien vers l'article sur le site de « l’Opinion » : https://www.lopinion.fr/politique/la-clarte-enfin-plutot-que-la-godille-toujours-par-bernard-cazeneuve Bien fidèlement, Bernard CAZENEUVE La clarté enfin plutôt que la godille toujours Publié le 19 novembre 2025 La discussion parlementaire se poursuit depuis des semaines pour que la Nation soit dotée d’un budget en 2026. En quelques semaines, les termes du débat se sont manifestement inversés : François Bayrou nous avait expliqué, au sortir de l’été, qu’il fallait une loi de finances pour faire des économies. Désormais, il semble qu’il faille relâcher l’effort sur les dépenses pour avoir une chance de la faire adopter. Tout le monde semble résolu à consentir, sur l’autel de la politique, à sacrifier beaucoup de l’esprit de responsabilité auquel l’ampleur des dettes et des déficits devrait pourtant inciter : allez comprendre ! La France est à juste titre réputée pour son génie politique. Et les Français se plaisent à espérer qu’il soit mis au service des urgences qui les assaillent dans leur vie quotidienne. La question du pouvoir d’achat et de l’efficacité des grands services publics – éducatifs, sociaux et régaliens – auxquels ils demeurent collectivement attachés, appellent des décisions urgentes et des choix clairs. Certains à droite, faisant le constat du creusement de la dette et du danger de sa charge croissante, l’imputent à la générosité de l’État providence. Et nombreux sont désormais les experts autoproclamés qui préconisent qu’on y mette fin, pour rétablir l’équilibre des comptes publics. Ceux-là oublient de faire l’addition des baisses d’impôts et autres dépenses hasardeuses consenties au nom de la théorie du ruissellement et de mesurer ses effets sur la hausse des déficits, par-delà l’amortissement si souvent évoqué de la crise sanitaire. D’autres considèrent que la dépense sociale dope mécaniquement la consommation des ménages qui demeure, à leurs yeux, l’un des principaux moteurs de la croissance et considèrent qu’il n’est jamais mauvais de l’encourager, puisque la croissance permet la réduction des déficits. C’est oublier que, dans un monde ouvert, lorsque la compétitivité de l’économie est faible, la consommation dope surtout le carnet de commande de nos principaux concurrents – la Chine au premier chef mais aussi les pays européens – et creuse le déficit de notre commerce extérieur au détriment, à terme, de notre croissance domestique. Plus rares enfin sont ceux qui consentent à moderniser l’État providence, à rechercher l’efficacité de ses dépenses, à individualiser et territorialiser ses politiques et pas seulement à les uniformiser, pour parvenir à en garantir la pérennité. Si un minimum de sagesse collective permettait de consentir à l’effort nécessaire pour préserver ce à quoi nous tenons le plus, c’est-à-dire à la préservation du modèle social français, le débat parlementaire aboutirait plus aisément au compromis auquel les Français aspirent, dans leur immense majorité. Mais tel n’est pas le climat qui prévaut, car l’agenda des dégagismes, aux extrémités de l’échiquier politique, donne la cadence et impose la direction. Il faut censurer et faire tomber les gouvernements, les uns après les autres, pour accélérer les échéances et engendrer la confusion qui permettra, par le chaos, d’empocher immédiatement son bénéfice. Cette stratégie a une apparence – celle de la détermination à défendre, dans la plus grande radicalité, les intérêts du peuple –, mais elle a surtout une réalité : le cynisme de ceux pour lesquels l’intérêt supérieur de la Nation pèse moins lourd que les médiocres calculs boutiquiers. Dans ce jeu où toutes les mouches qui volent sont parfois prises pour des idées, certains, à gauche, ont demandé depuis des mois qu’il ne soit plus fait recours à l’article 49.3 de la Constitution, au motif que pour en avoir abusé, au cours des dernières années, le gouvernement aurait privé le Parlement d’une partie de ses droits. On ne peut nier que son utilisation systématique et le plus souvent à contretemps, au moment de la loi sur les retraites, a donné le sentiment qu’il avait cessé d’être l’instrument du parlementarisme rationalisé pour devenir, à peu de frais, celui du confort de l’exécutif, lorsque celui-ci se trouve placé dos au mur. Nous en sommes là. Et la question se pose désormais de l’issue du débat sur la loi de finances, si la discussion venait à s’éterniser, au-delà du délai de soixante-dix jours, sans qu’un vote sur son contenu, permette à la France d’avoir un budget. Selon les termes de l’article 47 de la Constitution, le Premier ministre pourrait alors décider de légiférer par ordonnances. En matière budgétaire, la chose serait inédite dans l’histoire de la Ve République et ne manquerait pas d’apparaître comme une incongruité. Même si le texte arrêté par le gouvernement devait intégrer de nouvelles lettres rectificatives, après d’ultimes conciliabules avec les représentants des groupes parlementaires, dans le secret du bureau du Premier ministre, le Parlement n’aurait pas à se prononcer sur son contenu. Ainsi au nom de la reconnaissance des droits des députés, on serait parvenu à les réduire à néant, sans que personne ne voie vraiment le coup venir, à l’exception peut-être de ceux qui spéculent sur le chaos et espèrent mettre sous pression les plus raisonnables, au sein d’un système désormais sans boussole. Il y a en effet fort à parier que dans une telle hypothèse certains députés, lucides quant au risque qu’ils encourent, éprouveront la nostalgie de l’article 49.3, lorsqu’ils auront à affronter une motion de censure, déposée par les extrêmes, en vue de renverser le gouvernement. Les députés socialistes seront alors soumis à la pression de ceux que leur direction traite comme des alliés privilégiés, au point d’imaginer organiser avec eux le processus de désignation du candidat de la gauche dite « unie » à la prochaine élection présidentielle. Ils devront alors choisir entre deux stratégies : celle qui consistera pour eux à demeurer cohérents avec l’attitude de responsabilité à laquelle ils se sont récemment convertis et à laquelle j’ai appelé dès 2022, ou bien l’option privilégiant le retour aux postures radicales du passé. Autrement dit, il s’agira de trancher entre le courage d’une ligne claire et la poursuite du chemin à la godille, entre le sens de la nation et le zigzag sur un chemin bordé d’abîmes, pour parler comme le général de Gaulle, en 1947, lorsqu’il dénonçait le gouvernement des partis. Or, face à la volonté du leader de La France insoumise de maintenir la gauche sous sa férule, avec cynisme et brutalité, il n’y a qu’une voie possible, celle de la reconstitution du grand parti de la gauche humaniste et républicaine. Ne pas opérer ce virage, définitivement et sans ambiguïté, c’est se perdre en combinaisons groupusculaires, peinant à dissimuler les ambitions dérisoires. À ce jeu, il n’y aura qu’un gagnant, le Rassemblement national et qu’une absente, la Nation dont on aura oublié de se préoccuper du sort. Bernard CAZENEUVE Ancien Premier ministre Publié le 7 novembre 2025 À la une pour cette édition de la Lettre d’infos: Retrouvons-nous ! | Rencontre de Cergy-Pontoise | 16 novembre Entretien Le Point | Bernard Cazeneuve Retour sur le Pas-de-Calais | 17 octobre Suivez-nous sur nos réseaux ! Comment adhérer à la Convention Comment intégrer le Pôle Jeunes RETROUVONS-NOUS ! Rencontre de Cergy-Pontoise Dimanche 16 novembre Des personnalités engagées répondront présentes : Carole Delga, Raphaël Glucksmann, François Hollande, Stéphane Le Foll et Philippe Aghion, Prix Nobel d’économie. Trois tables rondes rythmeront la journée : 1. Quelles réformes institutionnelles pour quel renouveau de la démocratie ? Animation : Flora GHEBALI Benjamin MOREL, Constitutionnaliste Vincent MARTIGNY, Politologue Nicoletta PERLO, Constitutionnaliste Stéphane LE FOLL, Maire du Mans 2. Comment sauver le modèle social français en rénovant la démocratie sociale ? Animation : Pascale D'ARTOIS Badiaa SOUIDI, CFDT Frédéric SPECQUE, CGT Salomé VAILLANT, UNSA Carole DELGA, Présidente de la région Occitanie 3. Le droit international et le multilatéralisme au service de la démocratie. Animation : Flora GHEBALI François HOLLANDE, Ancien Président de la République Raphaël GLUCKSMANN, Député européen Cécile RICHARD, VOLT Ces échanges ont pour objectif de nourrir une réflexion collective et de poser les bases d’un projet de progrès et d’espérance. Informations pratiques : 📍 Adresse : Salle Maradas – Impasse du Lycée, 95300 Pontoise 🚆 Accès RER : Ligne A, arrêt Cergy-Préfecture, puis 7 minutes à pied 🚗 En voiture : Parking gratuit du centre commercial Les 3 Fontaines (4 étages) 🚌 En bus : Espace de stationnement disponible à proximité de la salle Plusieurs food-trucks seront installés sur place pour vous restaurer : Camion du Vexin, La Ptite Crêpe, Le Sénégaulois, Le Chaud Time, Delicrep Truck, Fines Gourmandises. Pour vous inscrire, cliquez ICI. Bénévolat et soutien Comme lors de nos précédents événements, nous faisons appel aux bénévoles. Que vous soyez d’Île-de-France ou d’ailleurs, votre aide sera la bienvenue pour assurer la réussite de cette journée. Enfin, une rencontre de cette ampleur représente un engagement important pour notre mouvement. Vous pouvez apporter votre contribution en effectuant un don ou en adhérant via notre site : sengager.la-convention.fr Entretien Le Point : Bernard Cazeneuve Dans un entretien publié par Le Point, Bernard Cazeneuve critique la conception du pouvoir d’Emmanuel Macron, qualifiée de « verticalité jupitérienne » et d’« hypertrophie du Moi ». Selon lui, les institutions françaises sont fragilisées par l’instabilité gouvernementale, la satellisation des partis et syndicats, et la multiplication des remplacements ministériels. Sur le plan politique et économique, il souligne la nécessité de combiner stabilité, sérieux budgétaire et justice fiscale, tout en maintenant la capacité d’investissement et d’innovation. Il appelle également à un rassemblement de la gauche réformiste, en marge des logiques de primaire, pour préparer 2027 et éviter la victoire du Rassemblement national. À cette occasion, il invite chacun à le rejoindre le 16 novembre pour la grande réunion de La Convention. Il insiste sur l’importance de la solidité des institutions, de la défense de la République et de l’État, et sur une approche pragmatique face aux défis sociaux, climatiques et internationaux. Pour lire l’entretien complet et découvrir toutes ses analyses : Lire l’entretien sur Le Point ici. Retour sur le Pas-de-Calais - Déplacement et réunion à Cuinchy - 17 octobre À l’invitation de Bertrand PETIT, ancien député et conseiller général, ainsi que de l’association « Au nom de la Rose », Bernard Cazeneuve s’est rendu dans le Pas-de-Calais. Cette journée a été marquée par une série de rencontres avec les acteurs économiques et sociaux de l’Audomarois, notamment une visite chez Arc France, le grand verrier du territoire. Bernard Cazeneuve y a échangé avec les organisations syndicales de salariés sur les enjeux industriels et l’emploi local. L’après-midi, il a visité la brasserie Goudale, illustrant le dynamisme et la diversité des entreprises de la région. Enfin, en début de soirée, il a participé à une Rencontre républicaine à Cuinchy. Vous pouvez retrouver l’entretien accordé à La Voix du Nord, ici , ainsi qu’une vidéo ici. Suivez-nous sur nos réseaux sociaux ! La Convention continue de grandir grâce à vous, et nous serions ravis de partager encore plus de moments ensemble. Retrouvez toutes nos actualités, annonces et temps forts sur nos réseaux sociaux ! 📸 Instagram : @Bernard_Cazeneuve_Officiel 🐦 Twitter/X : @LaConventionBC ▶️ YouTube : @LaConventionBC Publié le 22 octobre 2025 La séquence politique qui vient de s’achever, par la non-censure du deuxième gouvernement de Sébastien Lecornu, témoigne du confusionnisme qui a investi les institutions de la Ve République. Pour en mesurer l’étendue, il suffit de relire le discours que le général de Gaulle prononça à Bayeux en juin 1946, six mois après son départ du gouvernement provoqué par la fronde des partis, dans un contexte d’Assemblée nationale tripartite. Sur la place publique de la première ville libérée lors de la Bataille de France, l’homme du 18-juin affirmait son ambition de doter la France d’une constitution, redonnant au pouvoir exécutif l’autorité qui lui avait si longtemps fait défaut. A travers une conception très moderne du pouvoir et de son exercice, dont le parlementarisme rationalisé constituait la pierre angulaire, le gaullisme garantissait enfin au gouvernement la stabilité. Par ce sursaut, le Parlement sortait de l’abaissement auquel la médiocrité du régime des partis, avec ses combinaisons et ses arrangements d’arrière-boutique, l’avait peu à peu condamné. Parvenue au pouvoir dans des circonstances historiques particulières, où la guerre d’Algérie déchirait le pays, par ailleurs miné par les dettes et les déficits, la coalition des grands serviteurs de l’État réussissait, en peu d’années, à rétablir la confiance. Grâce à la vision et la volonté de quelques-uns, ce qui semblait inaccessible à un système enkysté dans des querelles dérisoires, redevenait possible : le redressement des comptes publics, le lancement de grands projets industriels ou d’infrastructures garantissant l’indépendance de la Nation et une vision du rôle de la France dans le monde, adossée à une juste conscience de ses intérêts et à la crédibilité de son chef. Or, voilà qu’au fil du temps, l’esprit des institutions de la IVe République est venu pervertir l’édifice légué par le général de Gaulle, dont la pérennité supposait que ses successeurs sauraient se hisser à la hauteur de son héritage. Amputé de la dimension symbolique et arbitrale de sa fonction, du fait notamment du raccourcissement de la durée de son mandat, ou parfois des effets de son tempérament amplifiés par la frénésie de la démocratie médiatique et numérique, le président de la République intervient à tout propos et à tout moment, dissimulant parfois sa faiblesse derrière des concepts opportunément inventés pour entretenir l’illusion de son audience : la verticalité jupitérienne n’est rien d’autre que la représentation flatteuse, par ceux qui le détiennent, d’un pouvoir de plus en plus évanescent. La dissolution décidée par Emmanuel Macron à l’été 2024 a plongé la Nation dans la confusion. Incomprise dans ses motifs et hasardeuse dans ses conséquences, elle a installé, au cœur même de la représentation nationale, le retour des mœurs politiques qui avaient conduit le régime des partis à sa perte et, bien plus grave, l’autorité et la continuité de l’État à leur effondrement. Plus faibles qui ne l’ont jamais été, les partis dits de gouvernement sont dotés de chefs qui aspirent tous à présider, mais parmi lesquels rares sont ceux qui se montrent prêts à gouverner. Quant aux gouvernements, ils se succèdent à un rythme qui illustre à lui seul un affaissement institutionnel et politique dont le pays et son peuple font les frais. Dans un tel contexte, quel chemin se présente à nous ? Certains considèrent qu’il faut précipiter les échéances électorales pour sortir de la crise. Ceux-là, qui se situent essentiellement aux extrémités dégagistes du spectre politique, escomptent que la crise, si elle devait s’accentuer, viendrait conforter leurs résultats électoraux. Les évènements les plus récents les servent, sans qu’il soit pour eux nécessaire de précipiter davantage le calendrier des scrutins, dans l’espoir d’en tirer un meilleur profit. C’est bien là le paradoxe des deux quinquennats qui touchent à leur fin : ils auront fini par installer ceux dont ils avaient fait la promesse de nous protéger. Parmi les dirigeants de l’arc républicain, certains dont on ignorait jusqu’ici l’humeur insurgée demandent à leur tour le départ anticipé du président de la République. Ils se trompent en pensant que les institutions pourraient en sortir indemnes, car c’est alors la clé de voûte du système politique qu’on aurait fragilisé, en prenant le risque de voir succéder à la crise déjà profonde qu’affronte la Nation, l’effondrement du régime lui-même. Dans un tel contexte, et dès lors que la situation budgétaire du pays l’expose à un danger certain de décrochage, le choix du compromis est bien le seul raisonnable. Certes, composer en politique présente toujours une part de risque, car il n’est jamais sûr que ce qui sera obtenu satisfera pleinement les besoins profonds du pays, ceux de l’immédiat, comme ceux de l’avenir. Mais lorsque la surenchère domine partout, le renoncement à ne pas obtenir tout, immédiatement, est parfois et dans certaines circonstances, la première manifestation de l’esprit de responsabilité. Tout laisse par ailleurs à penser que la dissolution, au terme du refus de toute discussion, n’aurait pas permis d’engranger davantage, notamment pas la suspension de la réforme des retraites imposée en 2023, dont l’actuel pouvoir s’était jusqu’à présent refusé à envisager la perspective. Pour rendre le compromis possible et donner au débat parlementaire le soin d’en préciser le contenu, le gouvernement s’est engagé à ne pas utiliser l’article 49-3 de la Constitution, lorsqu’il s’agira de faire adopter la loi de finances pour 2026. Très en vogue, cette « phobie du 49-3 » a été portée haut par les oppositions, comme le moyen de voir enfin le Parlement reconnu dans ses droits. En contrepartie de cette ouverture et des concessions à propos des retraites, les parlementaires socialistes ont eu la sagesse de ne pas censurer immédiatement l’équipe du nouveau Premier ministre, épargnant au pays les conséquences funestes d’une nouvelle dissolution. Il est toutefois probable que dans le climat de surenchères qui prévaut, où grande est l’inventivité fiscale et faible la volonté de maîtriser les dépenses, l’émiettement des forces politiques représentées au Parlement et les divers calculs qui semblent les inspirer, pourraient aboutir à une situation de blocage. Si au terme d’une période de soixante-dix jours après le début des débats sur la loi de finances, le Parlement devait échouer à s’accorder sur son contenu, le gouvernement serait alors contraint de légiférer par ordonnances. En renonçant aux instruments du parlementarisme rationalisé, le Parlement et le Gouvernement qui auraient alors administré la preuve, devant l’opinion publique, que la longueur du débat ne suffit pas à garantir la solidité du compromis, se seraient mutuellement affaiblis : le premier en se trouvant contraint, in fine, de passer la main au second et le second en s’exposant de nouveau à la probable censure du premier. Ainsi, l’affaissement institutionnel se poursuivrait inexorablement, la Ve République, alors ballotée comme un fétu de paille, ressemblant de plus en plus à la IVe République finissante, amputée toutefois de ses talents. Le nouveau monde qui prétendait chasser l’ancien, aurait achevé de le ressusciter dans ses pires travers. Bernard CAZENEUVE Ancien Premier ministre Publié le 20 octobre Chères et chers amis, Notre pays traverse une épreuve inédite. La situation internationale n’a jamais présenté autant de risques, depuis la Seconde Guerre mondiale. La démocratie est partout attaquée et remise en cause dans ses fondements, notamment dans sa relation avec les principes de l’État de droit. L’instabilité institutionnelle résultant de la dissolution hasardeuse de 2024 contribue grandement à l’inquiétude des Français, qui redoutent le décrochage économique de leur pays, déjà fragilisé par les déficits, les dettes et l’extrême vulnérabilité du modèle social français. Dans ce contexte, il est de notre devoir de dégager un horizon d’espérance et de rassembler le plus largement possible les Français, autour des valeurs que nous avons en partage. C’est pourquoi, avec les instances et les différentes composantes de la Convention, nous vous invitons à nous retrouver le 16 novembre prochain, à Cergy-Pontoise, salle Maradas. Nous vous communiquerons, dans les prochains jours, le programme des rencontres de Cergy-Pontoise. Pour notre pays et avec la seule préoccupation de bien le servir, j’appelle celles et ceux qui partagent nos préoccupations à nous rejoindre. Pour participer au rassemblement qui se tiendra le dimanche 16 novembre à Cergy-Pontoise (95) sur une séquence 13h-18h, vous pouvez vous inscrire sur le lien suivant : https://www.la-convention.fr/le_grand_rassemblement_de_la_convention Vous retrouverez en annexe les éléments utiles à votre déplacement. Ils figureront également sur le site de la Convention. Nous comptons sur votre présence nombreuse en souhaitant qu’elle contribue à donner une espérance à nos concitoyens et plus particulièrement aux générations qui viennent. ACTUALITE DE NOS ELUS Publié le 1er septembre 2025 Chères et chers amis, Bernard Cazeneuve a accordé un entretien au journal Ouest-France paru le vendredi 29 août. « Nous devons tout mettre en œuvre pour éviter la crise de régime ». L’ancien Premier ministre de François Hollande appelle les « forces de gauche de gouvernement » (hors LFI) à trouver un accord avec le gouvernement sur le budget avant le 8 septembre. Recueilli par Stéphane VERNAY. Le constat de François Bayrou sur l’état des finances du pays est « irréfutable » mais ce dernier n’aurait pas dû engager la responsabilité du gouvernement, estime Bernard Cazeneuve. L’ancien Premier ministre de François Hollande appelle toutes « les forces de gauche de gouvernement » (sans La France Insoumise) à trouver un compromis avec le gouvernement autour d’un « budget de redressement », avant le 8 septembre. Objectif : éviter, au nom de l’intérêt supérieur de la Nation, qu’une crise de régime ne se surajoute à la crise économique et financière qui se profile. « Le pire, nous pouvons encore l’éviter », assure Bernard Cazeneuve. La situation financière de la France est-elle aussi grave que le dit le Premier ministre ? Oui incontestablement. Avec 3 300 milliards d’euros de stock de dette, un déficit public de 5,8 % du PIB en 2024 et des taux d’intérêt à dix ans qui se tendent, nous sommes entrés dans une zone à risque. Le diagnostic posé par François Bayrou sur la réalité budgétaire du pays est donc exact mais il est incomplet car il interroge trop peu les causes de cette dérive. À trajectoire inchangée, le ratio dette sur PIB pourrait dépasser 115 % en 2025. À un niveau de 80 milliards par an, d’ici 2027, la charge de la dette représentera plus que le budget de l’Éducation nationale. Son financement deviendra de plus en plus critique et limitera nos choix souverains. Refuser cette réalité, c’est renoncer au redressement du pays. Peut-il vraiment convaincre les Français de l’urgence à agir en engageant la responsabilité du gouvernement ? C’est précisément parce que le constat de François Bayrou est irréfutable que la décision prise d’engager la responsabilité de son gouvernement est contestable. Le courage n’est pas seulement affaire de lucidité. Il a aussi à voir avec la ténacité et la pertinence de la méthode choisie, surtout si l’on veut sincèrement atteindre le but. Puisque l’heure est grave, comment expliquer que les forces parlementaires n’aient pas été réunies autour de la table, par le Premier ministre, et ce depuis des mois, pour dégager les compromis nécessaires à l’adoption d’un budget de redressement financier, productif et écologique ? L’intérêt supérieur du pays commandait pourtant que l’été fût mis à profit pour cela. Rejouer une seconde fois au poker avec la Nation, après la funeste dissolution, c’est donner à ceux qui aspirent à la crise de régime les outils qu’ils n’espéraient pas. — Bernard Cazeneuve Comment restaurer la confiance ? Il ne peut pas y avoir de confiance sur une simple pétition de principes, là où il n’y a pas de contrat. Dans les moments de crises profondes, le salut se construit et ne se décrète pas. Prendre le risque de rejouer une seconde fois au poker avec la Nation, après la funeste dissolution, c’est donner à ceux qui aspirent à la crise de régime les outils qu’ils n’espéraient pas. Il faut donc désormais que toutes les forces républicaines de gouvernement prennent la mesure du danger et unissent leurs énergies pour élaborer un accord avant le 8 septembre autour d’axes clairs : l’effort de redressement nécessaire doit être accompli et il doit être juste. Par l’effort collectif que nous réaliserons ensemble, nous préserverons les chances des générations à venir de vivre dans une nation souveraine et libre de ses choix. Comment devraient se positionner les forces de gauche le 8 septembre ? Les forces de gauche de gouvernement – je n’évoque pas La France insoumise qui poursuit, de façon prévisible, sa stratégie du chaos – doivent tout mettre en œuvre pour aboutir à un compromis, avec à l’esprit les risques qu’encourt le pays. Dans ce travail à accomplir, chacun peut dire sincèrement ses attentes et ses priorités, ses lignes rouges, comprendre les contraintes du gouvernement dans un contexte particulièrement difficile au plan national et international. Le Premier ministre doit, de son côté, démontrer que sa fermeté sur les objectifs de redressement des comptes ne signifie pas sa fermeture à l’égard des propositions de l’opposition. Logiquement, ce n’est qu’au terme de cet exercice qu’il sera possible de se positionner, pour le jour où un vote se produira. Au terme de cette période, les Français feront la part de ceux qui ont placé les intérêts de la France au-dessus d’eux-mêmes et de ceux qui auront fait prévaloir des calculs politiques à court terme. Le contexte dans la perspective de l’élection présidentielle s’en trouvera clarifié. Lorsque la maison brûle, on ne discute pas du plan de table. — Bernard Cazeneuve Qui peut succéder à François Bayrou à Matignon, selon vous ? Accepteriez- vous le poste de Premier ministre ? Lorsque la maison brûle, on ne discute pas du plan de table. Au regard de la gravité du contexte et de l’élan à favoriser, les spéculations sur la crise contribuent à l’amplifier : la crise de régime menace en effet. Or, je ne souhaite pas l’avènement du pire et tout ce que j’exprime est destiné à l’éviter, au-delà du Premier ministre et de sa méthode de gouvernement. Quelles solutions préconisez-vous ? Trois grands axes doivent permettre de rétablir les comptes de la Nation : le premier concerne la maîtrise des dépenses. La proposition du gouvernement consiste à figer leur progression en volume. C’est raisonnable et amendable au cours de la discussion à venir, quant à la répartition de l’effort entre la sphère sociale, l’État et les collectivités locales. La justice fiscale doit être renforcée par des dispositions de lutte contre l’optimisation fiscale des plus aisés des Français et une plus grande contribution des très hauts revenus à l’effort de redressement national. Enfin il nous faut produire davantage. C’est là la condition pour restaurer notre compétitivité, améliorer le pouvoir d’achat et à terme retrouver notre puissance économique. Comment obtenir le consentement du plus grand nombre ? Il ne faut pas cacher la réalité de la situation aux Français, car ils sont plus lucides que leurs représentants. Avec sincérité, par-delà le vacarme et les coups politiques, nous pouvons les convaincre que l’effort est à la portée de notre peuple, que nous pouvons parvenir à sauver notre modèle de protection sociale, en substituant le dialogue social à la verticalité stérile, en reprenant la maîtrise de notre destin, sans opposer les Français entre actifs et retraités, urbains et ruraux, salariés du public et du privé, petites et grandes entreprises. Agissons pour l’avenir : les générations nouvelles n’ont pas à être sacrifiées, au motif que nous n’aurions pas eu le courage de nous redonner des marges de manœuvre pour bâtir une stratégie ambitieuse de défense européenne, de planification des investissements écologiques, de refondation de l’école, de soutien à l’hôpital, de modernisation de notre recherche et notre appareil énergétique et productif… Nous pouvons relever le défi qui se présente à nous à condition de changer tout de nos méthodes pour ne rien avoir à changer de ce à quoi nous tenons le plus : une manière de vivre ensemble, de façon digne et solidaire. La meilleure protection contre le dégagisme est l’esprit de responsabilité. — Bernard Cazeneuve Une dissolution vous paraît elle envisageable ? Permettrait elle de « clarifier » la situation ? Tout est possible, y compris ce qui n’est pas souhaitable. C’est pourquoi il est toujours dangereux de spéculer sur le pire, qui déclasserait inévitablement la Nation. Le pire, nous pouvons encore l’éviter. C’est la raison pour laquelle je lance un appel pour une discussion large et sincère en vue d’un compromis budgétaire pour éviter le chaos et par-delà, conjurer l’instabilité jusqu’aux prochaines échéances électorales qui seront celles des grands choix politiques pour la Nation. Un « barrage républicain » face aux populistes est-il encore possible ? Il est de moins en moins possible à mesure que les coups de poker et les manœuvres politiques se succèdent et s’amplifient. Lorsque les Français, exaspérés et inquiets, perdent patience, leurs votes manifestent plus spontanément leur mécontentement. La meilleure protection contre le dégagisme est l’esprit de responsabilité. Il relève d’abord du devoir de ceux qui gouvernent, car ils sont plus que d’autres comptables de la stabilité et de l’unité du pays – ainsi que de l’état de ses finances. Cela n’exonère pas pour autant chacun d’entre nous de la responsabilité qui lui incombe. Mais la dissolution et la gestion de ses suites n’ont pas contribué à conforter le front républicain, tout ayant été fait pour ne pas tenir pleinement compte du vote des Français et du souhait qu’ils avaient exprimé à l’occasion des dernières législatives. La crise politique en cours peut-elle créer les conditions d’une nouvelle union de la gauche ? Elle doit surtout contribuer à la clarification du projet pour la France et des alliances à gauche, notamment à l’égard de LFI, et à l’émergence d’une gauche différente, davantage sensible aux attentes des classes populaires sur les questions sociales, sur le pouvoir d’achat, l’industrie, mais aussi sur les questions de sécurité et sur les sujets migratoires. Ne pas traiter des questions que se posent les Français sur les enjeux régaliens au motif qu’on pourrait être suspecté de ne plus être de gauche témoigne d’un aveuglement et d’une indifférence coupable face aux problèmes les plus urgents. Si en politique vous donnez le sentiment de vouloir éviter les problèmes, les électeurs vous évitent. Nul n’a intérêt à ce que les prochaines élections soient occultées par le désordre. — Bernard Cazeneuve. Le Rassemblement national peut obtenir la majorité absolue en cas de législatives anticipées ? Sa poussée sera forte et c’est pourquoi la politique du coup de poker est hasardeuse et à haut risque. Les élections municipales, l’an prochain, seront-elles impactées par ce qui est en train de se passer ? Sous quelle forme ? Elles le seront probablement en raison de la proximité des évènements en cours, des échéances électorales à venir. Nul n’a intérêt à ce que les prochaines élections, leurs enjeux, leur importance soient occultés par le désordre. Nous devons donc tout mettre en œuvre pour éviter la crise de régime. Où en est la Convention et l’appel que vous avez lancé pour recomposer une « gauche de gouvernement » ? La Convention est structurée partout dans le pays et sera en situation de présenter des candidats aux prochaines élections municipales et législatives. Quand présenterez vous votre projet pour la France ? À l’automne à l’occasion d’une réunion publique en région parisienne. Serez vous candidat à l’élection présidentielle en 2027 ? La question est hors de propos face aux enjeux. J’écoute, j’exprime sincèrement ce qui me paraît utile pour la Nation et je vois l’horizon se charger. Ce même vendredi 29 août, Bernard Cazeneuve a débattu avec Édouard Philippe dans le cadre de l'université d'été du Laboratoire de la République. Voici le lien vers le replay de la captation vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=Nw_9SRpR7-Q Merci de votre engagement. Amitiés. Clotilde Valter Pôle Idées et Trésorière de la Convention Souveraineté européenne : les plus sérieux des réalistes ne sont pas nécessairement les moins crédibles des idéalistes Publié le 8 juillet 2025 Chaque année, dans la demeure où Alexis de Tocqueville vécut et écrivit, se tiennent dans la fidélité à l’esprit de son œuvre, les Conversations qui portent son nom. Chacun y participe avec sa part de vérité. Dans la presqu’île du Cotentin, des politiques, des intellectuels, des dirigeants d’entreprises et des acteurs de la société civile, qui aspirent à voir défendus la démocratie et les principes de l’État de droit, parlent entre eux des tumultes du monde et des défis que les Nations auront à surmonter. Cette année, dans la douceur d’un commencement d’été, non loin des rivages du Val de Saire, les Conversations ont pris un tour différent : la démocratie n’est plus en effet une évidence pour tous les citoyens. Quant aux élites, elles assument parfois sans complexe que les instituions les plus protectrices des libertés, pourraient être amputées sans dommages des fondements de l’État de droit. Certains vont même jusqu’à théoriser que la liberté gagnerait en intensité, ce que la démocratie accepterait de perdre en valeurs universelles et en principes de droit. La seule liberté qui vaille, aux yeux de ces nouveaux disruptifs, est celle à laquelle rien ne s’oppose. C’est donc en vertu de cette vision-là, que les libertariens réactionnaires encouragent les partis d’extrême droite européens dans leur conquête du pouvoir. C’est cette cause que le vice-président des États-Unis, J.D. Vance, est venu plaider en Europe, au cours de l’hiver. Désormais, par une curieuse et perverse inversions des valeurs, une droite extrême, mondialisée et en maîtrise des outils de la communication numérique, met à l’actif de la liberté d’expression la possible dérive dont les démocrates ont toujours pris soin de la protéger : le dévoiement d’une liberté sacrée en vue d’alimenter des discours de haine ou d’incitation à la confrontation, à la violence. Que les représentants les plus riches, des plates-formes numériques les plus puissantes, soient à la manœuvre pour imposer une telle perversion du débat public, à travers le monde et par-delà, le nouvel ordre auquel ils aspirent, ne saurait surprendre. Ce sont avant tout leurs intérêts financiers qu’ils défendent, avec le plus grand cynisme, et non la liberté ou la démocratie dont ils n’ont finalement que faire. Ces divergences d’appréciation et d’objectif, au cœur même du monde libre, ne sont pas secondaires. Nul qui porte un regard lucide sur le nouveau contexte géopolitique, ne doit les considérer comme dérisoires. Le camp des démocraties ne peut plus se targuer de la belle unité qui lui permettait jadis de porter haut l’étendard de ses valeurs, par-delà les circonstances particulières qui opposaient parfois les nations démocratiques entre elles, lorsque leurs intérêts étaient en cause. L’aspiration profonde à la liberté et au respect des droits fondamentaux de la personne humaine, énoncée comme une promesse universelle, suffisait à préserver la cohérence du camp des démocraties libérales et à rendre leur modèle désirable pour les peuples, que les totalitarismes ou les dictatures avaient depuis longtemps privé de leurs droits. Désormais, le poison de l’autoritarisme politique et des idéologies les plus rétrogrades coulent dans les veines de citoyens accoutumés à une liberté pour laquelle ils ne se sont pas battus, et dont ils évaluent mal le prix. C’est par ce lent relâchement, qu’à la mélancolie démocratique, dont Tocqueville avait pressenti l’avènement, se substitue un nihilisme radical, nourri de dégagisme et d’aquoibonisme. C’est de ce mal dont souffre la démocratie, qui lui donne les apparences d’un grand corps malade. Il faut donc, dans ces circonstances, que l’Europe trouve en elle la force de soutenir son modèle et suffisamment de ressources financières, technologiques et humaines pour garantir la crédibilité de sa défense. Or, la faiblesse des grands pays de l’Union européenne, face à la politique commerciale de Donald Trump et aux barrières tarifaires qui en constituent le principal instrument, porte témoignage de l’asthénie qui les empêche, pour l’instant, d’avancer et d’agir ensemble. Tout se déroule comme si la crainte de l’Europe de voir les États-Unis - allié puissant et soudainement devenu plus brutal - s’éloigner d’elle, la poussait irrépressiblement à tout leur céder, y compris ce qui pourrait aller à l’encontre de ses intérêts propres, de ses valeurs et de l’ambition jadis portée par « les pères fondateurs » pour la prospérité, la concorde et la paix. Le dernier sommet de l’OTAN n’a pas contribué à apaiser les craintes d’un possible effacement de l’Europe, dans un contexte géopolitique en rupture avec l’ordre multilatéral, né de la fin du dernier conflit mondial. La guerre qui se prolonge entre la Russie et l’Ukraine, au cœur même de l’Europe, n’appelle pas seulement des manifestations de solidarité, le cœur sur la main, des effusions chaleureuses et réitérées, destinées à réassurer Volodymyr Zelensky de notre indéfectible amitié. Si les Européens devaient assurer seuls, demain, leur sécurité, face à la menace russe notamment, ils ne pourraient y parvenir qu’en consentant les efforts nécessaires, sur les plans budgétaire, industriel et technologique, mais aussi en faisant partager à leurs peuples l’évidence qu’il n’y a pas de progrès possible, ni de prospérité durable, sans une garantie crédible de sécurité. Pour aller au terme des ambitions légitimes d’autonomie stratégique, de souveraineté et d’indépendance, les efforts demandés ne seront consentis que si l’industrie européenne bénéficie d’une préférence communautaire, autrement dit si les matériels jadis acquis par l’Europe auprès des États-Unis notamment, le sont désormais au bénéfice de champions industriels européens. Les ambitions ne valent que pour autant qu’existe une volonté. Face aux urgences des temps présents, l’Europe n’a pas besoin de nouveaux traités, dont la ratification ne manquerait pas de se révéler périlleuse, en l’état des opinions publiques et de la fragilité des majorités, au sein des parlements nationaux. Le fédéralisme européen, marronnier des euro romantiques, n’est qu’une méthode consistant à repousser à plus tard ce qu’il est urgent de faire aujourd’hui, au motif que les larges horizons pour après-demain valent mieux que les modestes et concrètes réalisations à mettre en œuvre, résolument et sans trop lambiner. Or la réalité nous rattrape, menaçante et potentiellement tragique. Elle appelle de la lucidité, de la détermination, du courage. Dans les temps troublés le courage a ses rudesses : il suppose de ne pas renvoyer à demain ce qui doit être fait sans attendre. Car il est rare qu’il y ait un long terme si tout est fait pour rendre le court terme ingérable. De là vient d’ailleurs que les plus sérieux des réalistes ne sont pas toujours les moins crédibles des idéalistes. Bernard CAZENEUVE Ancien Premier ministre Il n’y aura pas de rétablissement des comptes publics sans lucidité, vérité et justice Publié le 12 juin 2025 Dans l’épreuve qui conduit la Nation à douter d’elle-même, le mur de la dette et des déficits est un défi immense. Pourtant, son urgence pour la cohésion du pays – et pour son avenir – n’occupe pas le cœur du débat public. Il est vrai que redresser les finances d’un État, lorsque l’ampleur des déséquilibres budgétaires menace d’atteindre jusqu’à sa souveraineté, suppose du courage et de la détermination. Le courage est nécessaire pour prendre la mesure de l’effort à accomplir et qualifier le mal pour ce qu’il est. La détermination est la condition pour atteindre le but, en faisant face aux vents contraires, qui ne manqueront pas de souffler. Ils se lèveront dans quelques semaines, quand le gouvernement fera connaître ses options budgétaires aux Français et à la représentation nationale, dans le cadre de l’élaboration des lois financières pour 2026. Prenons les paris : chaque dirigeant de parti, pour ménager son ambition, ne ménagera pas ses critiques. On peut discourir à l’infini sur les responsabilités qui incombent aux gouvernements ayant exercé la responsabilité du pouvoir au cours du demi-siècle écoulé, mais le débat gagnera alors en polémique, ce qu’il aura perdu en clarté. Alors que les uns évoqueront les crises, dont l’amortissement nécessaire a pu engendrer une augmentation de la dépense publique, d’autres s’empresseront d’expliquer qu’en dépit des crises, ils sont parvenus à réduire les déficits, sans les contenir toutefois suffisamment pour endiguer le creusement continu de la dette. A ce jeu, les Français se réfugieront dans la défiance et ceux qui les gouvernent démontreront, une fois encore, leur impuissance. J’ai pu par ailleurs vérifier qu’il n’avait pas suffi de ramener les déficits publics de 4,8% en 2012 à 3% du PIB en 2017, pour convaincre de la pertinence d’une politique et bénéficier d’un satisfécit de la part des Français. De même, l’effort accompli, rapporté aux dérapages constatés ultérieurement pendant la présidence d’Emmanuel Macron, n’est pas parvenu à réhabiliter le bilan de l’action conduite sous le quinquennat de François Hollande. C’est donc aussi à l’aune de ces dures lois de la politique que s’apprécie « le prix de nos mensonges », pour reprendre une expression sans doute destinée à nous absoudre de nos fautes avant 2027. Le gouvernement de François Bayrou annonce vouloir procéder à un exercice de vérité. En effet, tout commence par elle. La préparation des lois de finances et de financement de la Sécurité sociale devrait le conduire à dévoiler son plan pendant l’été. Déjà, au cours des dernières semaines, des ordres de grandeur ont été avancés, qui donnent la mesure de l’effort à accomplir en dépenses exclusivement, puisque l’exécutif et sa coalition s’engagent à ne pas augmenter la fiscalité pesant sur les Français : près de 40 milliards d’euros en un seul exercice budgétaire ! Nul ne sait encore par quelles voies, ni par quels moyens, l’objectif pourra être atteint, ni même s’il est raisonnable d’y prétendre. Et ce ne sont pas les quelques milliards d’euros d’économies escomptés de la suppression de certains opérateurs de l’État qui suffiront à crédibiliser l’ambition. Il faut donc sonder la sincérité de la trajectoire énoncée, en commençant par la promesse de stabilité fiscale, maintes fois réaffirmée par les différents ministres en charge des comptes publics. Certains, parmi eux, ont présenté comme une économie en dépense, l’éventuelle suppression de l’abattement de 10% dont bénéficient les ménages imposables. Chacun qui connaît ces questions a déjà bien compris que l’adoption de cette disposition se traduirait par une hausse de l’impôt acquitté par les contribuables. De même, s’il est hautement souhaitable de s’attaquer à certaines niches fiscales ou crédits d’impôts, il n’est pas honnête de laisser entendre que leur suppression ne causerait aucune augmentation des contributions des ménages ou des entreprises. Enfin, si de la croissance espérée devait résulter un surcroît de recettes, notamment au titre de la TVA, ce ne sont pas les économies qui produiraient la réduction du déficit, mais bien une contribution supplémentaire des Français à l’effort de redressement des comptes. Et si une partie de cette TVA servait par ailleurs à financer les déficits des comptes sociaux, comme le ministre Lombard en a évoqué l’hypothèse, c’est que la TVA sociale aurait été instaurée sans véritable débat, déclenchant à coup sûr une colère sociale massive. Il n’est donc pas possible de procéder à la réduction des déficits et de la dette sans un ensemble de mesures fondées sur un juste équilibre d’économies en dépense et de contributions supplémentaires, conçu avec la double volonté de ne pas obérer la compétitivité de l’économie et de ne pas aggraver le sentiment de l’inéquité et même d’iniquité, déjà très présent dans notre pays. L’exigence de vérité, si souvent convoquée dans les déclarations, suppose, avant toute chose, la lucidité. Quant au niveau attendu des économies, chacun qui a participé à la gestion du pays, entre 2012 et 2017, se souviendra que la réduction du déficit de près de 80 milliards d’euros pendant le mandat de François Hollande, n’a été possible qu’au prix d’un effort annuel de l’ordre de 15 à 16 milliards par an, pendant cinq ans. L’objectif a pu être atteint par l’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail, la restauration de l’ISF et le rabotage méthodique d’un grand nombre de niches fiscales, sans occulter les économies engendrées par le gel du point d’indice de la fonction publique et la réduction des dotations allouées aux collectivités locales. Ces mesures difficiles furent à l’origine de tensions politiques parfois vives, malgré le programme choisi par une majorité d’électeurs et porté par une majorité de députés qui prévoyait de rebâtir la compétitivité de l’économie en vue d’en redistribuer les gains, en dépit des efforts accomplis en faveur de services publics en souffrance comme l’Éducation nationale, les hôpitaux ou la sécurité intérieure. Elles parvinrent toutefois à délivrer leurs résultats, parfois après 2017. Imaginer qu’il serait possible d’aller infiniment plus loin, sans remettre en cause la cohésion de notre modèle social et la possibilité de la croissance serait illusoire. Mais ne pas maintenir un effort moindre et crédible dans la durée, pour recouvrer notre souveraineté et nos marges de manœuvre, exposerait au risque du déclassement de la France et de l’appauvrissement des Français. A l’instar de ce qu’elle parvint à réaliser au commencement de la Ve République avec le rapport Armand-Rueff, la Nation a besoin d’une ambition qui pérennise un modèle social inédit autour d’un pacte de confiance et de progrès. C’est bien là l’essentiel de la politique, qui suppose le grand retour de la politique de l’essentiel. Bernard CAZENEUVE Ancien Premier ministre News du 10 juin 2025 Chères et Chers amis, En poursuivant nos déplacements et au fil de nos échanges, notre mouvement continue son Tour de France à la rencontre des Français. Lors de la plus récente étape dans le Grand Est, Bernard Cazeneuve a visité l'association Solidarités nationales et internationales (SNI) à Pont-à-Mousson, et notamment sa recyclerie. Il a pu échanger avec les initiateurs du projet, l’équipe encadrante, ainsi qu’avec les femmes et les hommes qui, grâce à cette activité, retrouvent une place dans la société, un emploi et une dynamique professionnelle. Ensuite, à Metz, il a rencontré les élus et les acteurs économiques pour aborder les enjeux transfrontaliers qui posent aux collectivités des problématiques complexes à résoudre. Enfin, au cours d’une réunion publique, Bernard Cazeneuve a échangé avec les participants qui ont pu lui faire part de leurs préoccupations et de leurs inquiétudes. Le 27 juin prochain, c’est à Bordeaux que le président de la Convention ira à la rencontre de nos concitoyens. Une réunion publique y sera organisée à 18h, à l’Amphithéâtre de l’Athénée. En juin, la Convention poursuit ses travaux au sein du Pôle Idées, consacrés aux territoires ruraux, et plus particulièrement à la santé, un enjeu majeur pour nos concitoyens. Une deuxième visioconférence se tiendra le lundi 9 juin à 19 heures, afin de poursuivre les échanges engagés mi-mai autour de Jean-Martin Cohen Solal, Amandine Rogeon et Guillaume Alexandre. Enfin, pour nombre d’entre vous, le mois de juin marque une année d’adhésion à la Convention, et donc le renouvellement de votre soutien. Grâce à votre engagement, notre projet continue de gagner en visibilité et en impact. Les cotisations jouent un rôle essentiel : elles permettent de financer nos actions locales, d’organiser des événements et de renforcer notre présence auprès des Français. CYCLES THÉMATIQUES : « LA SANTÉ DANS LES TERRITOIRES RURAUX » Lundi 9 juin à 19h - visioconférence : « La santé dans les territoires ruraux » Au mois de juin, La Convention poursuit ses travaux dans le cadre du Pôle Idées, consacrés aux territoires ruraux, et plus particulièrement à la question de la santé, un enjeu majeur pour nos concitoyens. Après une première visioconférence sur ce thème le 19 mai, une deuxième rencontre en ligne se tiendra le lundi 9 juin de 19h à 20h30, dans le cadre des Cycles Thématiques de la Convention. Afin de prolonger les échanges engagés, cette nouvelle séance reprendra le même format de discussion et de réflexion collective. Nous aurons le plaisir d’accueillir : Jean-Martin Cohen Solal, rapporteur du groupe des experts en charge de la santé Guillaume Alexandre, membre du Bureau exécutif de la Convention Amandine Rogeon, présidente du Mouvement Les Voies Pour obtenir le lien de connexion, n'hésitez pas à solliciter les référents de votre département. Retour sur Metz. Événement du 24 mai Pour voir la visite de la recyclerie : https://www.youtube.com/shorts/uKpfITuo348 Le 24 mai, La Convention a fait étape à Metz, à l’initiative de Christian Eckert. La journée a débuté par une visite à Pont-à-Mousson, où Bernard Cazeneuve s’est rendu dans les locaux de l'association Solidarités nationales et internationales (SNI), et plus particulièrement dans sa recyclerie. Il y a rencontré les porteurs du projet, les membres de l’encadrement, ainsi que les femmes et les hommes qui, grâce à cette initiative, retrouvent une place dans la société, une activité professionnelle et un emploi. Ce moment d’échange a permis de souligner l’importance de l’insertion par l’activité économique et du rôle essentiel que jouent ces structures dans le tissu social local. Un déjeuner de travail a ensuite réuni élus locaux, représentants du monde associatif et de l’économie sociale. Les discussions ont porté sur les grands enjeux nationaux – stabilité des finances publiques, complexité du contexte international, besoins en réarmement – et sur leurs répercussions concrètes au niveau des collectivités. Les réalités régionales ont également été abordées, en particulier la situation des travailleurs frontaliers. Les participants ont souligné l’importance, pour la Lorraine, de maintenir une coopération active et équitable avec ses voisins, notamment en matière de santé, d’éducation et de promotion de la langue française. En début d’après-midi, une réunion publique a rassemblé un large public venu de toute la région. Christian Eckert y a pris la parole pour rappeler les enjeux de responsabilité publique, insistant sur l’importance d’un dialogue à la fois exigeant et constructif avec l’ensemble des acteurs locaux. Bernard Cazeneuve a ensuite présenté les quatre axes clés de sa vision pour la France. Il a d’abord souligné la nécessité d’une clarté politique, essentielle en cette période d’extrême volatilité, notamment face aux incertitudes liées au retour de Donald Trump sur la scène internationale. Il a insisté sur l’importance stratégique du financement de la défense dans un contexte mondial instable, et rappelé que le rétablissement de la crédibilité budgétaire était indispensable à la solidité de l’action publique. Enfin, il a plaidé pour l’émergence d’une véritable réponse européenne, seule capable de relever les défis contemporains. Cette journée d’échanges et d’engagement a une fois de plus mis en lumière la force du dialogue et la pertinence d’un projet fondé sur la responsabilité, la cohérence et la fidélité aux valeurs républicaines. Pour voir un extrait du discours de Bernard Cazeneuve lors de cet événement, veuillez cliquez ici: https://youtu.be/gXEmc7PdPMY " News du 18 octobre 2024 La convention Chères et Chers amis, Après un été marqué par une séquence politique inédite, nous sommes très heureux de vous retrouver et de reprendre nos activités au sein de La Convention, et de poursuivre nos efforts afin de rassembler la gauche de gouvernement. La gravité du moment impose désormais que nous construisions un projet tout à la fois porteur d’espoir et tenant compte de la réalité économique et sociale du pays. C’est ce à quoi nous allons nous employer dans les prochaines semaines. Dans l’attente, nous vous proposons de revoir ou relire les interventions de Bernard Cazeneuve de ces dernières semaines. Vous trouverez également sur notre site le calendrier des réunions thématiques publiques à venir, en présence de Bernard Cazeneuve : > lundi 4 novembre à Saint-Nazaire (44) > vendredi 22 novembre à Villemur-sur-Tarn (82) > samedi 30 novembre dans la Drôme (26) > jeudi 5 décembre à Bourg-en-Bresse (01) Mais également nos prochains rendez-vous dans le cadre de notre thématique mensuelle consacrée aux territoires ruraux avec deux visioconférences ; la première autour de Rémi Branco qui a publié une tribune sur ce sujet ; et la seconde autour de Cyril Cibert qui a rédigé un rapport consacré à la vie associative dans la ruralité. Pour élargir et renforcer encore notre mouvement, n’hésitez pas à adhérer et à faire adhérer grâce à ce lien : https://sengager.la-convention.fr Le Comité éditorial de La Convention INTERVIEW DE BERNARD CAZENEUVE | « C À VOUS », FRANCE 5 | 9 OCTOBRE 2024 « Je suis dans l’opposition, je ne partage pas l’orientation globale, mais je ne souhaite pas l’échec du gouvernement Barnier. J’appelle à l’esprit de responsabilité qui doit être dicté par l'intérêt du pays.» « J’appelle le PS à changer de ligne politique. Il ne peut pas y avoir des thèmes dont la gauche se désintéresse. La ligne de 2022 avec la NUPES comprenant LFI doit être abandonnée pour retrouver une ligne de gauche de gouvernement.» INTERVIEW DE BERNARD CAZENEUVE FRANCE CULTURE | 5 OCTOBRE « Si c’est à moi de prendre cette responsabilité, je la prendrai avec la plus grande détermination, parce qu'on ne refuse pas de sauter l'obstacle, lorsqu'il est difficile de le sauter. » INTERVIEW DE BERNARD CAZENEUVE LE MONDE | 3 OCTOBRE 2024 « Si j’ai un regret, et il est immense, c’est que les combinaisons d’appareils et les calculs d’arrière-boutique aient fini par imposer aux Français une politique aussi éloignée de leurs aspirations et des difficultés de leur vie quotidienne. » DISCOURS DE BERNARD CAZENEUVE | UNIVERSITÉ DU MODEM, GUIDEL | 29 SEPTEMBRE « Nous avons une telle responsabilité pour faire en sorte que les populismes de toute nature n’essaient pas d’imposer leur logique dans un pays où l’on sait que face aux difficultés nous sommes confrontés : la dette, les déficits, l’affaissement des principes et des valeurs républicaines, nous avons besoin de convergence, de compromis, de raison, de responsabilité, de crédibilité. » INTERVIEW DE BERNARD CAZENEUVE LCI | 13 JUILLET « Les Français ne veulent pas de l'ingouvernabilité. La gauche ne peut pas travailler seule. Il faut créer les conditions de compromis. Ce qui compte, c'est l'intérêt du pays. » RÉUNIONS PUBLIQUES Dans les Pyrénées-Atlantiques et dans le Nord, comme d'autres départements (Allier, Loire...), les réunions publiques reprennent à l'initiative de nos référents et amis parlementaires. Consultez la liste des réunions à venir en Une de notre site web ! News du 03 septembre 2024 Quand le bâtiment va... tout va ? Depuis 2012 le secteur du bâtiment est en souffrance ! Manque d'activité et de production, difficultés administratives et normes à ne plus savoir qu'en faire, hausse des matériaux, multiplication de dispositifs et de lois qui ralentissent notre économie et notre développement tout en mettant en danger des entrepreneurs du BTP. À partir de 2018, les entrepreneurs des métiers du bâtiment ont fait face aux promesses et aux leurres du gouvernement en place. S'engageant sur du long terme en renouvelant les investissements avec des endettements sur plus de 7 ans ainsi que sur l'emploi ou la formation de jeunes apprentis ou personnel en reconversion !! La pandémie du Covid a dévasté l'économie déjà précaire de nos entreprises avec des arrêts de chantier et la baisse des commandes. Même s'il est vrai que les aides du gouvernement ont permis de survivre à cet épisode, nous n'en sommes pas sortis indemnes et les pertes ont été majeures voire insurmontables pour de nombreuses entreprises. Depuis trois ans, nos politiques nous ont fait savoir brutalement que nos investissements sont à renouveler nous faisant passer pour de grands pollueurs. Les critères environnementaux rendraient nos poids lourds ou engins de chantier obsolètes et que l'électrique serait la solution miracle alors même que les amortissements et remboursements ne sont pas encore clos à ce jour !!! Le BTP a subi également la taxation du gasoil non routier (GNR) pour renforcer la pression environnementale, sa suppression devait également contribuer au financement des mesures prises en réponse à la crise des « gilets jaunes », notamment la baisse de l'impôt sur le revenu des classes moyennes !! Des impôts qui baissent en tapant sur les TPE-PME alors que les entreprises du CAC40 ne se sont jamais aussi bien portées. En outre, les classements des centres-villes en ZFE (la volonté gouvernementale) rendent la réalisation de chantier hors de portée pour certaines entreprises ou artisans faute de véhicules ou de matériel répondant aux restrictions environnementales !!! Peut-on renouveler ces investissements avec autant de facilité comme le prétend notre gouvernement ? Non car en dehors des capacités financières des entreprises se pose d'abord la question du matériel vers lequel on doit se tourner ? - Un matériel hors de prix en électrique valant dans certains cas le double d'un engin classique - Seuls les engins de petits tonnages sont électriques - Des autonomies non adaptées aux journées de travail avec des recharges sur chantier impossible à réaliser sur place - Des véhicules poids lourds avec équipement hydraulique pour faire à peine 5000 kilomètres par an pour un investissement à plus de 300 000 euros qui ont une durée dans les entreprises de 20 ans en général Cette politique encourage certainement l'enrichissement de l'industrie chinoise et de son PIB et permet au continent africain de renouveler leur matériel à moindre coût récupérant ainsi notre matériel performant complétement dévalué que nous leur céderont par obligation dans les ventes aux enchères, mais elle ne permet sûrement pas de préserver et de protéger ce secteur économique qu'est le bâtiment, vital pour la France !!! Voilà un vecteur d'appauvrissement de notre belle nation en faveur des nantis qui nous regardent mourir du haut de leur piédestal ! Pourquoi, pour l'emploi ? Les incitations à la formation professionnelle ont engagé les entreprises à se projeter avec des hommes et des femmes sur en moyenne 36 mois de formation afin de garantir d'avoir des compagnons compétents. Maintenant nous sommes devant une situation où l'on évoque le licenciement ou de ne pas proposer un CDI à un personnel qui sort de contrat de professionnalisation ou d'apprentissage garants de l'avenir de nos métiers. Pour ces compagnons, la réflexion à une reconversion se pose et c'est l'écœurement qui les envahit ! L'industrie du bâtiment a vécu ses heures de gloire, le lobbying a pris sa place, des usines de production sont fermées alors que l'on vient de les racheter pour supprimer la concurrence. On créé de la pénurie assurant la flambée des prix pour garantir une marge confortable, j'en veux comme exemple un groupe autrichien ayant fermé les dernières briqueteries françaises pour ensuite acquérir un concurrent tuilier en annonçant la fermeture d'usine dans la foulée. Il y a quelques années, il fallait investir et produire pour devenir économiquement fort ! Maintenant on produit « maîtriser » pour vendre « cher » : le coût de l'énergie est revenu à la normale alors que les prix des matériaux augmentent toujours !!! Voilà pourquoi le coût de la construction ne baisse pas !!!! Les entreprises de BTP baissent leurs marges tandis que les matériaux augmentent !!! Favorisant d'autant les importations ! Si tout cela ne suffisait pas les réglementations sur l'urbanisme bloquent le marché de l’immobilier ; il nous reste la rénovation énergétique qui s'engorge également de par la lourdeur administrative des aides et des dispositifs mais également sur la réorientation des entreprises des travaux neufs vers les travaux de rénovation. Nous l'avons tous compris mais visiblement pas notre gouvernement. La question se pose alors de savoir si c'est volontaire ou dû à l'incompétence et l'ignorance des pouvoirs en place ? L'adage « Quand le bâtiment va ! tout va ! » a toujours fait foi dans notre pays, force est de constater que le bâtiment ne va plus et notre pays non plus ! La conclusion à en tirer est peut-être simplement que c'est notre gouvernement et Notre Président qui ne vont pas en France ! Aussi, aujourd'hui plus que jamais le temps est au changement politique ou ce sera bientôt une fois de plus la fin d'un secteur entier de l'économie française !!! Nicolas GODART News du 16 octobre 2024 Finances publiques : sortir de la confusion pour restaurer la confiance abîmée Après plusieurs semaines de silence dans ces colonnes – la situation politique singulière de notre pays obligeait à une certaine réserve –, je reprends le fil de mon bloc-notes. Pour restaurer la confiance abîmée, la gravité de la période nous dicte de partir des faits, cʼest-à-dire de lʼétat réel de la Nation. Pour que les solutions aux défis collectifs soient probantes, mieux vaut en effet partir des exactes prémisses. Le réel est aussi le chemin le plus sûr pour ne pas renoncer à lʼespérance et à la possibilité du progrès, ni céder aux facilités des vieilles combinaisons politiques, du déni et finalement du mensonge. Le courage commence par cette exigence de vérité et de lucidité à lʼheure où les Français se trouvent contraints dʼaccomplir de grands efforts, dans un sursaut historique quʼils appellent de leurs vœux, et dont ils surent si souvent se montrer capables, par le passé, dans les moments de crise aiguë. Il y faudra du sens, de la détermination et une aspiration à la justice, sauf à prendre le risque dʼune colère plus grande encore des Français, dont lʼissue politique, cette fois, ne pourra pas être évitée. Une politique se juge selon les buts quʼelle prétend atteindre. Depuis 2017, lʼidée sʼest imposée, comme allant de soi, que lʼallègement de la fiscalité pesant sur les plus riches des contribuables suffirait à conforter lʼattractivité et le dynamisme de notre économie et que le ruissellement de ses bienfaits permettrait, par un surcroît de croissance, de réduire les inégalités et le chômage, tout en garantissant la poursuite du rétablissement des comptes de la Nation. Cʼest donc à lʼaune de cette promesse originelle quʼil nous faut mesurer lʼefficacité de lʼaction entreprise depuis plus de sept ans. Or, la situation des finances publiques illustre lʼéchec à la fois budgétaire, économique et social de ces chimères. En effet, aucun Etat européen nʼa vu, depuis 2017, sa dette augmenter autant que celle de la France, relativement à sa richesse nationale, à lʼexception de la Roumanie. Lʼécart de taux dʼintérêt entre la France et lʼAllemagne, qui traduit notre crédibilité budgétaire, est au plus haut depuis lʼété 2012, alors quʼil nʼavait cessé de baisser entre 2012 et 2017. Sur la même période, notre croissance a été moindre que celle de la zone euro et lʼévolution de notre taux de chômage a été moins favorable quʼen Espagne ou en Italie, tandis que notre déficit commercial – véritable juge de paix de notre compétitivité – continuait à se creuser lourdement. Au cours de la même période, la qualité des services publics nʼa cessé de se dégrader, au détriment de lʼattractivité de lʼEtat employeur. La transparence reste par ailleurs à faire sur les causes des dérives les plus récentes des finances publiques. Le gouvernement annonce en effet un déficit, pour 2024, de 6,1 % du PIB, alors que la loi de finances initiale – il y a douze mois – le prévoyait à 4,4 %. Lʼécart est considérable, dʼun montant comparable à celui du budget des armées. Un projet de loi de finances rectificative doit donc être présenté pour donner au Parlement la vision complète et précise de la situation et lʼéclairer sur les causes réelles des dérapages constatés. Il reste que la question de la dépense publique ne se réduit pas à ces errements récents. Le débat sur les dépenses et les recettes est obscurci par un déni de réalité auquel il faut mettre fin. Dʼun côté, celles des forces politiques pour lesquelles toute augmentation de la dépense publique est bonne en soi, la recette étant réputée indéfiniment extensible. Pour les forces de lʼautre bord au contraire, toute dépense est mauvaise en soi et le seul impératif est de ne jamais toucher aux recettes. Pour avoir exercé des responsabilités publiques, je ne tiens pour sérieuse ou réaliste aucune de ces deux propositions. Un examen approfondi de lʼutilité de la dépense publique sʼimpose à lʼévidence, et ce nʼest pas un travail de quelques semaines. Préparé pour lʼessentiel par les ministres démissionnaires, le projet de loi de finances pour 2025, qui sʼinscrit dans la continuité de la politique conduite depuis 2017, ne permet pas dʼengager réellement le redressement attendu. Malgré des hypothèses jugées « optimistes » par le Haut conseil des finances publiques, il prévoit un déficit de 5,2 % du PIB. Le gouvernement annonce néanmoins un déficit de 5 %, au motif que des mesures supplémentaires, et non encore documentées, interviendront ultérieurement. Selon lui, dans les hypothèses les plus favorables, le ratio de la dette rapporté au PIB continuera à augmenter, pour atteindre 114,7 % du PIB fin 2025. Enfin, la plupart des mesures annoncées ne répondent pas aux objectifs de justice sociale, de soutenabilité et de contribution à la préparation de lʼavenir. Un taux plancher de 20 % dʼimpôt sur le revenu est proposé, temporairement, pour les couples gagnant plus de 500 000 euros par an. Cette mesure aura au moins le grand mérite de révéler aux classes moyennes que certains contribuables, aux revenus pourtant très élevés, bénéficient dʼun taux dʼimposition anormalement bas. Selon les prévisions du gouvernement, figurant dans le PLF, pas plus de 40 % dʼentre eux seraient concernés par cette disposition nouvelle. Or, cette situation résulte dʼun régime fiscal mis en place à partir de 2018, qui permet aux revenus financiers dʼéchapper au barème de lʼimpôt sur le revenu, par le seul effet de lʼinstauration de la « flat tax ». Le choix délibéré de privilégier les revenus financiers sur les revenus du travail nous aura au moins permis de découvrir que la matière budgétaire et fiscale emprunte parfois à la sagesse de Bossuet, lorsquʼil nous rappelle que « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ». Cette hausse dʼimpôt sur les plus riches ou les grandes entreprises ne saurait occulter les mesures générales et indifférenciées qui frapperont de nombreux Français. Cʼest en premier lieu le cas du gel du point dʼindice des fonctionnaires, qui se traduira par une perte de pouvoir dʼachat des agents de lʼEtat, contribuant ainsi à la dégradation de lʼattractivité des métiers du service public et de la qualité des prestations indispensables aux plus fragiles. Il en sera de même de lʼaugmentation de la fiscalité sur lʼélectricité, par ailleurs à contretemps de la nécessité de poursuivre lʼélectrification des usages, pour lutter contre le changement climatique. On ne saurait non plus passer sous silence les mesures relevant de la sphère sociale. Le gel des pensions ne fait pour lʼheure lʼobjet dʼaucune mesure de compensation pour les plus modestes des retraités. Il en va de même du déremboursement des consultations médicales, socialement injuste, dès lors que les mutuelles en répercuteront le coût sur les plus vulnérables des Français, les contraignant parfois à renoncer aux soins les plus urgents. De même, on voit mal comment la diminution programmée des moyens alloués aux hôpitaux, dans un contexte déjà très contraint pour leurs personnels, ne dégraderait pas lʼoffre de soins, à organisation inchangée. Le rétablissement de notre souveraineté budgétaire passe par une stratégie pluriannuelle déployant un effort jusquʼà la fin de la décennie. Or, en démocratie, nʼest réellement soutenable que ce qui est juste et garantit la stabilité des mesures fiscales dans la durée. Certes, les plus aisés, les plus grandes fortunes, les entreprises les plus prospères doivent contribuer davantage et durablement à lʼeffort national de redressement, sans pour autant que des mesures punitives ne viennent remettre en cause les efforts accomplis pour assurer la réindustrialisation du pays, garantir son attractivité pour les investisseurs et lui permettre de tenir le choc dʼune compétition internationale farouche. Tout ce qui contribue à la préparation de lʼavenir, au développement de la recherche et de lʼinnovation technologique doit être préservé. De même, chaque mesure doit être appréciée au regard de sa capacité à atteindre des objectifs largement partagés en matière sociale, environnementale et économique : peut-on durablement baisser la rémunération réelle de nos agents publics et espérer améliorer la performance des services publics ? Peut-on renchérir le coût de lʼélectricité par rapport à celui des énergies fossiles et parvenir à décarboner nos usages, tout en tirant le meilleur parti que constitue lʼénergie nucléaire pour réindustrialiser le pays ? Peut-on continûment réduire lʼeffort en faveur de la recherche et prétendre développer lʼinnovation ? Enfin, la trajectoire à moyen terme des finances publiques doit être clairement exposée au pays, afin de sortir de la confusion délibérément entretenue et de la dissimulation des impasses budgétaires, pour cause de campagnes électorales. Ce tournant salutaire doit être mis en œuvre immédiatement avec une exigence de crédibilité vis-à-vis de nos partenaires européens, mais aussi de transparence dans la relation à lʼopinion. Lʼindispensable réforme de la gouvernance des finances publiques devra enfin permettre, une fois les causes de leur perte de contrôle récente identifiées, de garantir quʼelles ne se reproduiront pas. Bien fidèlement, Bernard CAZENEUVE News du 17 juillet 2024 Communiqué de Bernard Cazeneuve Chers amis, La mobilisation républicaine des Français, à l'occasion des récentes élections législatives, a permis d'éviter que notre pays ne bascule vers le pire. Ainsi, l'extrême droite a perdu son pari de conquérir le pouvoir, même si le nombre élevé des suffrages qui se sont portés sur ses candidats témoigne du désarroi et de la colère des Français, face aux politiques menées depuis de nombreuses années. La dynamique du front républicain a conduit des électeurs, de droite comme de gauche, à voter pour des candidats qui n'étaient pas ceux de leur choix, afin d'éviter l'élection de ceux du Rassemblement national, dont ils ne voulaient à aucun prix. Avant toute chose, c'est cette réalité politique incontestable qui a permis à la gauche d'arriver e n tête des trois blocs minoritaires, siégeant désormais à l'Assemblée nationale. C'est également en vertu de ce rassemblement des républicains, que le groupe central macroniste est parvenu à éviter, pour lui-même, un désastre électoral. Plutôt que le désolant spectacle des derniers jours, nous aurions préféré que, collectivement, nous parvenions à atteindre un seul et unique objectif: celui de la définition d'une politique pour le pays et de la constitution d'un gouvernement lui permettant d'éviter l'humiliation du déclassement. Nos compatriotes espèrent en effet légitimement des réponses à leurs attentes sur le pouvoir d'achat, la préservation des services publics, la mutation écologique, et la paix dans le monde et en Europe. Mais plutôt que de régler les problèmes des Français, les appareils politiques ont préféré régler entre eux des comptes, contribuant à désespérer les électeurs, notamment ceux de la gauche. J'avais préconisé qu'au premier tour des élections législatives, on ne votât ni pour LFI ni pour le RN, et qu'on fit barrage au RN, au second tour, sans condition. C'etait en effet, selon moi, la voie la plus sûre pour permettre l'avènement au Parlement du plus grand nombre possible de républicains responsables et capables de s'entendre pour servir le pays. Nous avions aussi exprimé, depuis longtemps et nettement, notre refus de l'alliance avec LFI, au motif qu'il ne pouvait y avoir de rapprochement avec une organisation si éloignée de nous, par ses comportements, sa violence et son cynisme. Avec une immense tristesse, nous avons vu les faits venir confirmer nos analyses et ceux que nous avions mis en garde tenter de nous excommunier, au seul motif que nous avions peut-être eu raison. Il n'est donc plus temps désormais de tergiverser. Nous devons agir résolument pour qu'émerge une force de gauche de gouvernement qui ne soit pas en permanence dans le calcul, la défense d'intérêts personnels, mais seulement dans la préoccupation des Français et du destin de la Nation. lI serait dans cet esprit opportun que, dès la rentrée, les travaux réalisés par la Convention fassent l'objet d'un manifeste en présentant le contenu. Par ailleurs, à partir de septembre, je me rendrai partout dans le pays afin d'aller à la rencontre des Français. Je remercie dès à présent les comités locaux qui me feront des propositions de déplacement. Bien entendu, nous soutiendrons toute initiative destinée à favoriser l'unité de la famille sociale-démocrate et par-delà, celle de tous les républicains humanistes, comme nous l'avons toujours fait. Jamais, autant qu'aujourd'hui, notre pays a eu besoin de voix sincères et désintéressées pour redonner espoir aux Français. Vous êtes de ces voix-là. Je compte donc sur vous. Par ailleurs, beaucoup d'entre vous ont payé leur cotisation en confirmant leur adhésion à la Convention. Je remercie ceux qui ne l'ont pas encore fait de nous rejoindre pour que nous puissions dégager les moyens de notre action. Bernard CAZENEUVE PS: Nous vous transmettons ci-après les liens vers les articles de presse récents sur la Convention : LCI : https://www.youtube.com/watch?v=y4cMOFs9MRk&t=1s Le Point : https://www.lepoint.fr/politique/exclusif-bernard-cazeneuve-nombre-d- electeurs-de-gauche-se-sentent-orphelins-15-06-2024-2563052 php.02 Le 1: https://le1hebdo.fr/journal/le-front-populaire-peut-il-gagner/502/article/je-dis- sans-calculs-ce-que-je-crois-bon-pour-notre-pays-6648.html L'Express : https://www.lexpress.fr/politique/cazeneuve-lorsque-la-mediocrite- domine-on-explique-que-les-institutions-sont-a-bout-de-souffle- 2FOR2QG6FFHKNLQUYYX4EINLYQ/ News du 09 juillet 2024 News du 09 juillet 2024 Elections législatives 2ème tour : Qui sème le vent….. Le 9 juin dernier, Emmanuel MACRON décidait de décréter la dissolution de l’Assemblée nationale. Au soir d’un vote pour le renouvellement du parlement européen, faisant fi des grandes échéances sportives (tour de France, jeux olympiques…) qui mettent la FRANCE sous le regard du monde entier, il décidait seul de convoquer les électeurs les 30 juin et 7 juillet. Le verdict est tombé : la gauche est sortie en tête de ce scrutin, le F.N. est très en deçà de ses espérances, la majorité relative de Gabriel Attal a vécu. Voilà donc notre « pauvre et grand PAYS » (dixit Le général DE GAULLE) plongé dans une douloureuse incertitude. Face aux défis économiques, sociaux, environnementaux, qui choisir pour apporter au PAYS la solution aux problèmes qui l’assaillent ? Monsieur le Président va prendre son temps ; il est encore Jupiter. Maître de l’horloge, pour combien de temps encore, nul ne le sait ! Une chose est certaine : notre beau Pays devra attendre et attendre encore ; est-ce bien raisonnable ? A GAUCHE, l’élection de François Hollande va gêner Mélenchon et O.Faure. Bernard CAZENEUVE était juste et son pronostic vérifié. Le fameux « Front populaire » va devoir se structurer et faire émerger un vrai programme de gouvernement qui allie les forces politiques et le mouvement social. La paix et la sérénité dont le PAYS a besoin, nécessitent que chacun fasse les efforts indispensables pour éviter le « chaos » annoncé et souhaité par le Président. A nous d’y travailler sans rancune, sans volonté de nuire à quiconque mais avec la ferme volonté d’œuvrer pour que la FRANCE retrouve confiance et se redresse fièrement afin de répondre aux intérêts du plus grand nombre. Nous tendons la main à tous ceux qui veulent participer à cette vaste entreprise de redressement national. Au travail et préparons avec lucidité et efficacité les prochaines échéances. Le 1er secrétaire Jean-Marie Alexandre News du 26 juin 2024 Communiqué de Bernard Cazeneuve Chers amis, Les Français vivent des moments éprouvants, depuis la décision prise par le président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale, exposant notre pays au risque de le voir gouverner par le Rassemblement national. Chacun a bien à l’esprit que c’est cette perspective, qu’il nous faut à tout prix éviter. Pour tous ceux qui à gauche, sont de fervents républicains, l’alliance nouée par les partis de gouvernement avec le NPA et la France insoumise a pu être vécue comme une blessure. Comment en effet combattre efficacement l’extrême droite, dont la xénophobie et l’antisémitisme procèdent de son histoire, puisant aux sources de la collaboration, si nous ne sommes pas nous-mêmes irréprochables dans la lutte contre l’antisémitisme, le terrorisme et si nous n’affirmons pas notre attachement à la laïcité et notre refus du communautarisme ? Entre l’antisémitisme par nature des uns et l’antisémitisme par cynisme des autres, pourquoi choisir ? Et comment tenir une position digne, sauf en nous tenant à une saine distance de ces deux extrémismes dont on perçoit les dangers qu’ils font courir à notre pays, sur le plan de ses engagements européens, de son combat contre les dictatures, mais aussi du respect des principes de l’État de droit, du multilatéralisme et du droit international ? Dans la perspective du scrutin de dimanche prochain, nous devons donc voter d’abord pour les candidats de la gauche de gouvernement, pour ceux qui socialistes, communistes, radicaux, écologistes et républicains ont une ligne claire et qui déplorent pour beaucoup, j’en suis convaincu, les alliances conclues à la hâte. Si un tel vote devait ne pas s’avérer possible pour des raisons tenant à la configuration locale, chacun saura choisir, parmi les candidats en lice, ceux dont l’attachement aux valeurs de la République est le plus fort et le refus du RN le plus net. Au second tour, la discipline républicaine devra permettre d’éviter le pire, aucune voix ne devant jamais se porter sur les candidats du Rassemblement national. Je comprends que certains d’entre vous ne partagent pas ma position sur le Nouveau Front populaire, sur les craintes que m’inspirent les positions de LFI. Nous sommes tous, dans ces moments troublés, traversés par des contradictions, des hésitations, des doutes et c’est bien légitime. Pour ma part, j’ai fait le choix de la cohérence, de la constance et de la sincérité. Encore une fois, on ne peut, pour des raisons morales, combattre le racisme, la violence et l’antisémitisme de l’extrême droite, et s’allier dans le même temps à des organisations dont les positions récentes ont témoigné d’un antisémitisme que l’on n’imaginait pas possible à gauche. Par ailleurs, du point de vue de l’efficacité politique, on ne peut gagner face à l’extrême droite en dissuadant les électeurs raisonnables et modérés de porter leurs suffrages sur les candidats de la gauche, s’ils appartiennent à des formations aujourd’hui rejetées. Le nombre de sièges perdus pour ces motifs risque de se compter par dizaines au terme du scrutin, au seul profit du Rassemblement national, dont le NFP était pourtant censé éviter la victoire. Les études d’opinion récemment publiées montrent que ce mouvement funeste est désormais à l’œuvre. Là est donc à mes yeux la vraie question, celle que la lucidité devrait nous conduire à regarder en face. Voilà ce que je voulais vous dire sincèrement et en conscience. Le chemin est long du retour de l’espérance, qui appellera du courage et du caractère. Pour ma part, je dirai toujours ce que je crois juste, sans autre préoccupation que celle de notre pays et des valeurs que nous avons en partage. Il est des moments dans la vie d’un pays où il faut ne pas avoir peur de ses convictions, les défendre sans calculs et prendre son risque. Bien fidèlement. Bernard CAZENEUVE News du 25 juin 2024 Conférence Nationale du 20 juin 2024 Chers amis, Nos décisions : Aucune voix à l'extrême droite ! Aucune voix à l'extrême gauche ! Après un débat en visioconférence le Conseil national du M.D.C. a adopté ces dispositions à « l'unanimité ». En rappel : Guillaume Alexandre a rendu compte des interventions des membres du Conseil national de la convention présidée par l'ancien 1er ministre Bernard CAZENEUVE : Il en ressort que : pas une voix du camp républicain ne doit se porter aux candidats de l'extrême droite ou de l'extrême gauche. Jean-Marie Alexandre a rappelé que le premier secrétaire du PS : Olivier Faure n'a pas répondu à sa proposition de participer aux négociations sur les circonscriptions législatives. Guillaume LACROIX, qui a fait la même démarche en a été également exclu. Quant à Bernard Cazeneuve, qui a reçu la visite de Raphaël GLUCKSMANN et l’a mis en garde sur les suites prévisibles des positions de son « ami » Olivier FAURE après les bons résultats des européennes, il en a été également écarté. Les prévisions étaient justes : R.G. a été exclu des négociations sur les législatives au profit du N.P.A. de Philippe POUTOU, imposé par Jean-Luc MELANCHON. Aussi, après cette dissolution, voulu par Emmanuel MACRON (pour convenances personnelles) nous demander de venir au secours d’une « République en danger » alors que ceux-là mêmes qui siègent dans les assemblées nous ont trahis aux sénatoriales, aux européennes et aux législatives relève de l’arrogance et de la stupidité infinies. Dès lors, en conformité avec nos valeurs républicaines et nos engagements de toujours, nous soutiendrons : - Les candidats de gauche et députés sortants indépendants de ce rassemblement hétéroclite et sans avenir. - Les députés sortants du groupe indépendant (L.I.O.T.) Pour tous les autres, ils n’ont pas voulu de nous aux sénatoriales, aux discussions pour les européennes et donc après le résultat de celles-ci, ne cédons pas aux appels « humbles et énamourés « de ceux qui nous méprisent, nous trahissent et éventuellement nous donnent la leçon. Que ceux qui ont créé cette situation s’en débrouillent et que ceux qui veulent en profiter le fassent sans nous. Il y aura d’autres rendez-vous et la majorité de ceux qui nous soutiennent se lèvera pour le renouveau d’une France libre, forte et indépendante, dans une Europe dont on aura refait les bases en faveur de ceux qui travaillent, qui produisent, qui font la richesse du Pays et non pas de celle des multimilliardaires qui n’ont pas de Pays mais que des intérêts. En avant pour des municipales dynamiques, inventives, populaires et de rassemblement « La République nous appelle, sachons vaincre ou sachons périr…… » Amitiés. Anniversaire du décès de la jeune Lindsay Sabine VAN HEGHE fait un point sur la lutte contre le harcèlement scolaire, interviewée par BFM. News du 21 mai 2024 Lutte contre les discriminations et le harcèlement scolaire - L’Occitanie engagée Ce Samedi 4 mai à Toulouse, à l’invitation de l’Association contre les Discriminations et le Harcèlement (ACDH) et de son jeune président Kilian VAYSSE, j’ai participé au lancement des actions de cette association en Occitanie. En présence de Guillaume De Almeida Chaves, Conseiller Régional d’Occitanie, d’élus de la Ville de Toulouse, d’Associations partenaires comme le Rotary E-Club d’Occitanie, de nombreux bénévoles engagés pour cette cause qui continue de donner lieu à tant d’annonces, tant de promesses… si peu suivies d’effets ! Un grand plaisir d’avoir pu partager mon expérience sénatoriale, de pouvoir apporter mon aide et de poursuivre ce combat. Sabine VAN HEGHE News du 15 mai 2024 News du 10 avril 2024 Discours de campagne de Guillaume Lacroix A Souchez, dans le cadre du lancement de sa campagne européenne, Guillaume LACROIX, tête de liste des radicaux de gauche montre qu'il est un candidat sûr et un sérieux prétendant au poste d'eurodéputé ! News du 11 mars 2024 Une pétition et des tracts pour la gratuite des transports à Arras Aidé par l'impulsion de Michel FLAHAUT, 4000 tracts appelant à signer une pétition pour la gratuité des transports ont été distribués sur la Communauté Urbaine d'Arras.

  • le mouvement des citoyens

    Le Mouvement Des Citoyens (MDC) est un parti politique français républicain et démocrate créé en 1993. Le MDC Notre programme Actualités Passez à l'action J'adhère / je fais un don Forum Mentions légales More DES THEMATIQUES FORTES PARCE QUE LES PREOCCUPATIONS DES FRANCAIS SONT LE FONDEMENT DE NOS ACTIONS LE POUVOIR D'ACHAT 1 Indexer le salaire des français sur l'inflation. Baisser la TVA sur les produits énergétiques considérés comme de 1ère nécessité (carburant, électricité, gaz...). Rehausser les taux d'intérêt d'épargne bancaire, en supprimant les plafonds actuels imposés par l'Etat. Plafonner les frais bancaires, en constante progression. depuis plusieurs années. Réguler et réduire les cotisations que les compagnies d'assurances font subir à leurs souscripteurs (16-39% en 10 ans). Contrôler les marges bénéficiaires et les prix de vente des entreprises de la grande distribution afin de limiter l'inflation, et d'aider les agriculteurs et producteurs à mieux vivre de leur labeur. Réduire, réguler et plafonner les taux d'emprunt pour l'acquisition d'un bien immobilier. Réduire les impôts sur les donations et droits de succession. Annuler l'indexation optionnelle du loyer (IRL) lorsque l'inflation dépasse 1%. LE MAINTIEN DE L'ORDRE / LA SECURITE 2 Expulser obligatoirement les fichés S catégorisés FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste). Rétablir l'autorité des forces de l'ordre pour que les délinquants aient à nouveau une crainte de l'autorité publique. Réformer la politique pénale afin de sanctionner plus durement les agissements des délinquants récidivistes. Expulser les étrangers condamnés à une OQTF dès leur première condamnation. Restaurer les travaux d'intérêt général pour les condamnations inférieures à 5 ans, afin de dissuader toute récidive. Recréer les patrouilles d'ilotiers dans les quartiers sensibles afin d'établir à nouveau un rapport de proximité. Rendre systématique la prise en compte et le suivi judiciaire des violences intraconjugales et de toutes formes de harcèlement. Supprimer les sursis successifs pour les délinquants multirécidivistes afin de restaurer l'ordre républicain. Lutter plus intensivement contre le terrorisme idéologique avec par exemple isolement carcéral total des fichés S pour radicalisation. L'EMPLOI / LA RETRAITE 3 Augmenter le SMIC et l'indexer sur l'inflation par la suite. Lutter contre l'Uberisation et la précarité de l'emploi, y compris au sein des administrations de la république (contrat vacataires, etc...). Assurer l'égalité salariale homme / femme pour un même poste et une même expérience. Supprimer le plafond d'exonération de 7500€ annuel pour les heures supplémentaires. Rétablir la majoration des heures supplémentaires à 25% pour les 4 premières heures (36e - 39e heure), 50% pour les 4 heures suivantes (40e - 43e), puis 100% au delà. Augmenter l'allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA). Indexer la retraite sur l'inflation. Réduire le seuil de la retraite à 60 ans pour les métiers dits pénibles et à 62 ans pour les autres professions. Revaloriser les pensions agricoles. Lutter contre le travail détaché en taxant les entreprises d'un autre état membre afin de redynamiser nos entreprises et de rééquilibrer les chances. Obliger les entreprises qui ont plus de 10 salariés à intégrer un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Revaloriser au niveau du SMIC les pensions pour une carrière complète (42 ans de cotisation). LES SOINS / LA SANTE 4 Lutter intensivement contre les déserts médicaux dans les campagnes. Combattre la privatisation de notre système de santé et de protection sociale. Former énergiquement les Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI) et recruter massivement le personnel soignant. Augmenter le nombre de places dans les facultés de médecine. Transformer des EHPAD privés à but lucratif en structures publiques, avec régulation des couts mensuels supportés par les pensionnaires Refaire de nos secteurs de recherche sur la santé des pôles innovants et compétitifs. Augmenter le budget de la santé (investissement en matériel et besoin humains). Revaloriser l'allocation adulte handicapé (AAH) non plus sur le SMIC mais sur le salaire moyen des 12 mois précédant le handicap (si supérieur au SMIC). Créer 40 000 postes de soignants pour accompagner l'augmentation du nombre de nos ainés. LES SERVICES PUBLICS / LE VOLET SOCIAL 5 Contrôler plus intensément les aides et les prestations sociales (RSA, APL, allocations familiales, bourses scolaires, etc...) pour lutter contre la fraude sociale qui coute jusqu'à 17 milliards d'euros chaque année. Lutter activement contre les arrêts maladie de complaisance. Réorganiser et optimiser les services administratifs notamment ceux dédiés à la fourniture de documents (carte d'identité, passeport, permis de conduire) en vue de faciliter les demandes et réduire les délais. Restaurer certains services publics tel que la double levée postale journalière, le passage mensuel des encombrants. L'EDUCATION / L'ENSEIGNEMENT 6 Remettre en place un programme scolaire de qualité et porter un soin à l’apprentissage des fondamentaux (lecture, écriture, calcul) en primaire. Apprendre l'anglais de manière plus intense dès la primaire, afin de combler le déficit français face aux autres nations. Lutter réellement contre le harcèlement scolaire en sensibilisant obligatoirement toute la communauté éducative, en relation avec les associations. Lutter contre l'absentéisme grandissant des enseignants, afin d'assurer la complétude du programme scolaire annuel. Revaloriser les salaires des enseignants afin de restaurer l’attractivité de la profession. Abroger la réforme Blanquer pour que le Baccalauréat redevienne un diplôme ayant un vraie valeur. Remettre en place les IUFM et une réelle et complète formation des enseignants. Restaurer le respect du corps enseignant qui n'est plus de mise. Restaurer la laïcité, un des piliers de l’Ecole de la République, dans les établissements scolaires. Opérer un contrôle soutenu des écoles privées sous contrat. LA JUSTICE / LE DROIT 7 Garantir la justice républicaine égale pour TOUS. Abolir le sursis pour les délinquants et criminels multirécidivistes, qui ne sera proposé qu'aux primo délinquants. Renforcer les effectifs de Justice afin de réduire les délais de traitement. Recadrer la magistrature pour mettre fin au laxisme et à la complaisance vis à vis des délinquants. Sanctionner plus durement les refus d'obtempérer, les délits de fuite et outrages à un représentant de l'autorité. LA DEMOCRATIE / LA POLITIQUE 8 Permettre aux français de s'exprimer plus régulièrement lors de référendums législatifs pour les sujets d'importance démocratique. Réviser l'article 49.3 de la constitution afin de garantir que le principe fondamental de la démocratie ne soit plus bafoué. Lever l'immunité présidentielle en cas de jugement et sanction pénale. Faire respecter les peines prononcées par la justice, comme pour tout autre citoyen, lorsqu'il s'agit de politiciens, de capitaines d'industrie, de personnalités. Mettre en place des conventions citoyennes sur plusieurs thématiques et respecter leur travail en adoptant des lois choisies et voulues par le peuple français. L'ECOLOGIE / L'ENVIRONNEMENT 9 Contrôler et sanctionner les atteintes aux règles et lois environnementales. Accompagner l'évolution du numérique dans le combat environnemental. Apporter des subventions et des facilités d'investissement aux entreprises qui s'adaptent à la transition écologique, grâce à l'épargne réglementée par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et les banques. Réguler et réduire l'utilisation de pesticides et herbicides Contraindre les propriétaires louant des biens immobiliers considérés comme "passoire thermique" (supérieur à D) à effectuer les travaux nécessaires. Redynamiser le transport fluvial et ferroviaire pour les grands trajets. Ajouter un barème d'indemnité kilométrique préférentiel de l'impôt sur le revenu pour les citoyens pouvant justifier d'un covoiturage régulier. Obliger les entreprises qui distribuent plus de 10 millions d’euros de dividendes annuels à participer, chaque année, à l'effort de financement à la hauteur de 4 % et celles dont les dividendes sont inférieurs ou égaux à 10 millions d’€ participeront à hauteur de 2 % (projet Convention Citoyenne). Continuer à protéger les écosystèmes et la biodiversité en France, tout en tenant compte des nécessités économiques. L'AGRICULTURE / L'INDUSTRIE 10 Mieux rémunérer les agriculteurs et producteurs en imposant une baisse et un plafond de la marge bénéficiaire de la grande distribution. Interdire l'importation des produits agro alimentaires dont les contraintes phytosanitaires sont inférieures à celles pratiquées en France. Assurer aux agriculteurs / producteurs un revenu minimum égal au SMIC. Subventionner et redynamiser l'industrie française pour redonner à notre pays sa place parmi les grandes nations industrielles. Investir massivement dans l'industrie des nouvelles technologies, des microprocesseurs, de la recherche. L'EUROPE 11 Inciter l'UE à mieux prendre en compte les émissions gaz à effet de serre liées aux importations. Exclure l'agriculture et la pèche des traités de libre échange européen. Créer une véritable politique de défense européenne. Harmoniser les règles pour tous les pays d’Europe, dans tous les domaines. Lutter contre le lobbyisme présent au parlement Européen (groupes pharmaceutiques, phyto sanitaires, pétroliers, etc...). L'ECONOMIE / LA FINANCE 12 Lutter activement contre la fraude aux prestations sociales estimée à 20-25 milliards par la cour des comptes, et contre la fraude sur la TVA estimée elle à 15 milliards d'euros. Obliger le fisc à recouvrer l'intégralité des sommes frauduleuses, alors qu'aujourd'hui seul 50% est recouvré. Lutter contre le travail détaché qui permet à près de 500 000 citoyens européens de travailler en France sans payer de cotisations sociales en France. Mettre en place une taxe sur les dividendes insolents des banques françaises (33 milliards en 2021). Réguler et encadrer la vente en ligne des grandes entreprises internationales (Amazon, Uber, Vinted, etc...). Plafonner les dividendes limitées à un pourcentage du CA annuel, avec mise en place de primes salariales un fois le plafond atteint. Lutter contre les ententes illégales entre entreprises (téléphonie, grande distribution, énergie, etc...). Instaurer une taxe sur les super dividendes des grandes entreprises passé un certain plafond bénéficiaire. Renationaliser les concessions d'autoroutes, ce qui permettra à l'état de récupérer 6.5 milliards d'euros de recettes à minima. L'ARMEE / LA DEFENSE 13 Réindustrialiser le secteur de l'armement, notamment dans la R&D technologique. Augmenter le contingent des différents corps d'armée. Augmenter et optimiser le budget militaire (1ere puissance européenne, mais seulement 3eme budget de défense en Europe) pour faire face aux enjeux géopolitiques. Conserver et subventionner les industries d'armement françaises pour qu'elles puissent se doter de moyens de production modernes. Rester une nation qui compte au sein de l'OTAN et renforcer nos liens avec ses états membres.

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    Le Mouvement Des Citoyens (MDC) est un parti politique français républicain et démocrate créé en 1993. Le MDC Notre programme Actualités Passez à l'action J'adhère / je fais un don Forum Mentions légales More IMPLIQUEZ-VOUS Le Mouvement des citoyens encourage chacune et chacun à prendre sa place dans notre Mouvement politique. La seule façon de réussir, c'est de changer les choses de l'intérieur. Nous vous donnons donc les moyens de jouer un rôle actif. Découvrez les différentes manières de participer à nos actions. Créez ou intégrez un comité local Sachez que vous n'êtes pas seuls, le comité local permet de se retrouver, d'échanger, de proposer des actions communes visant à promouvoir les valeurs de notre mouvement. Rapprochez vous du siège pour connaitre la liste des comités existants, ou vous faire aider pour la création d'un nouveau comité le cas échéant. Assistez à nos conventions Etre un citoyen actif c'est s'impliquer pour un idéal politique auquel on croit, cela passe par une présence assidue aux conventions du Mouvement des Citoyens ! Vous serez régulièrement informés de la tenue de nos réunions (thèmes, lieux, etc...) Participez à l'affichage et au tractage Lors des diverses campagnes électorales nous avons besoin de toutes ls volontés et de toutes les forces pour assurer une communication efficace et un maillage optimal. Le moment venu vous serez invités à vous rapprocher des instances qui vous informeront de la marche à suivre et vous fourniront tout le matériel nécessaire. Joignez-vous aux manifestations Manifester, c'est faire entendre votre voix, vos revendications. C'est aussi une façon de participer activement à la vie citoyenne ! Montrez que la politique est l'œuvre de chacun. Le MDC se joint à toutes les manifestations républicaines qui défendent et protègent la vie des citoyens. Un appel vous sera lancé pour rejoindre ces mouvements collectifs !

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